Romain Bouteille, cofondateur du Café de la gare avec Coluche, est mort à l'âge de 84 ans

Cofondateur du "premier et dernier théâtre en anarchie réelle" aux côtés de Coluche, Romain Bouteille est décédé à l'hôpital d'une insuffisance respiratoire. 

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France Télévisions Rédaction Culture
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Romain Bouteille lors du festival du Théâtre de la grange, en 2007.
 (MAXPPP)

Romain Bouteille, cofondateur notamment avec Coluche du célèbre Café de la gare parisien, est décédé lundi à l'âge de 84 ans, a annoncé mardi 1er juin son épouse. "Romain s'est éteint hier [lundi] dans la soirée à l'hôpital de Corbeil-Essonnes. Depuis quelque temps, il avait une insuffisance rénale. C'est une insuffisance respiratoire qui l'a emporté," a indiqué dans un message à l'AFP Saïda Churchill, elle-même comédienne et programmatrice culturelle de la ville d'Etampes (Essonne).

"Nous sommes dévastés d'apprendre le décès de Romain Bouteille. Les mots nous manquent pour l'instant. Ils viendront sans doute plus tard. Pour l'instant, nos pensées vont à sa femme Saïda et son fils", a tweeté Le Café de la Gare.

L'acteur Pierre Richard qui a joué avec Romain Bouteille, a confié sur Twitter sa tristesse : "Romain Bouteille était une sorte de génie du non-sens. Il avait aussi celui de se foutre de la célébrité. Je l'admirais beaucoup".

Pour Pierre Lescure, président du Festival de Cannes et ancien président de Canal+, Romain Bouteille était "un créatif révolutionnaire, l'équilibre parfait du soliste qui n'aime rien tant que la troupe (...) un être humain impeccable".

Né en 1937, Romain Bouteille fut une figure des débuts du café-théâtre en France. "Ma vocation artistique s'est dessinée vers 1955 sous l'angle : trouver un job qui permette de se lever à n'importe quelle heure et ne suppose ni diplôme, ni réel travail, ni obéissance," racontait-il à l'AFP en 2005.

Tremplin pour les nouveaux talents

Le Café de la gare, "premier et dernier théâtre en anarchie réelle" selon Romain Bouteille, ouvre en juin 1969 dans les locaux d'une ancienne fabrique passage d'Odessa, près de la gare Montparnasse. L'équipe rassemble autour de Romain Bouteille et du jeune Michel Colucci, qui connaîtra la gloire sous le nom de Coluche, une bande d'aspirants comédiens, dont bon nombre rencontrent ensuite le succès, à l'image de Miou-Miou ou Patrick Dewaere.

Devenu trop petit, le théâtre déménage en 1972 dans un local plus vaste, rue du Temple, dans le quartier du Marais, tout en conservant le nom. Coluche quitte alors le Café de la gare et dira de Romain Bouteille : "Ce qu'il ne m'a pas appris, je le lui ai piqué".

Balasko, Lanvin, Blanc, Anémone...

Le Café de la Gare accueille aussi les premiers pas sur les planches d'autres figures du spectacle : Gérard Lanvin, Renaud, Anémone, Josiane Balasko ou encore Michel Blanc.

Romain Bouteille s'éloigne à son tour au début des années 1990 du Café de la gare, et s'installera dans l'Essonne, où il créera avec son épouse un théâtre à Etampes, Les grands solistes.

De la scène au grand écran

Touche-à-tout, Romain Bouteille jongle tout au long de sa carrière entre différentes disciplines. Le chant, la comédie et l'écriture de pièces de théâtre rythment sa carrière. Sur le petit écran, Romain Bouteille s'illustre dans différents registres, de la série comique Les Saintes chéries en passant par la populaire série policière Julie Lescaut. Au cinéma, il joue notamment dans Le Feu follet de Louis Malle, ou encore dans le Peau d'âne signé Jacques Demy aux côtés de Catherine Deneuve. Mais c'est dans le film Les Galettes de Pont-Aven qu'il trouve l'un de ses rôles les plus marquants. Affublé d'une soutane, Romain Bouteille offre de grands moments comiques dans le rôle du curé.



Auteur prolifique, il écrit et met en scène de nombreuses pièces de théâtre aux côtés de la troupe du Café de la gare. Composée de tableaux humoristiques et loufoques, Une pitoyable mascarade dénonce le massacre des autochtones nord-américains en usant de différents procédés comiques. Dans Les Semelles de la nuit écrit en 1970, il dessine le monde qu'il imagine voir en 1991, où l'être humain aurait disparu de la Terre. À travers l'humour, la satire et la dérision, Romain Bouteille a livré une virulente critique de notre société et de ses dérives.

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