"Golgota Picnic" : une association perd son procès en appel contre Jean-Michel Ribes

En première instance, Jean-Michel Ribes avait été relaxé par le tribunal correctionnel de Paris, mais l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne avait fait appel. Elle lui reprochait d'avoir fait jouer en 2011 la pièce "Golgota Picnic", du dramaturge argentin Rodrigo Garcia.

Une scène de la pièce \"Golgota Picnic\" de Rodrigo Garcia.
Une scène de la pièce "Golgota Picnic" de Rodrigo Garcia. (DAVIR-RUANO)

L'Agrif (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne) a été déboutée mercredi 22 juin en appel au procès que l'association avait intenté au directeur du théâtre du Rond-Point, Jean-Michel Ribes, poursuivi pour provocation à la haine envers les chrétiens, après le montage de la pièce Golgota Picnic, du dramaturge argentin Rodrigo Garcia.

Jean-Michel Ribes et l'éditrice du texte avaient été relaxés en première instance le 10 décembre 2015. L'Agrif, qui avait fait appel de cette décision, va se pourvoir en cassation, a annoncé son avocat. Elle reproche à la pièce de présenter l'iconographie chrétienne comme une image de la terreur et de la barbarie, qui serait le support pour apprendre aux  enfants à faire le mal.

Si certains propos "ont pu et peuvent (…) paraître provocants pour certains lecteurs", "ils ne sauraient pour autant être considérés comme incitant au rejet ou à la haine des chrétiens", avaient estimé les juges en  première instance.


Rodrigo Garcia est "connu pour son irrévérence, son goût de la provocation", relevaient-ils, et "la plupart des propos poursuivis" ont "à l'évidence, une dimension humoristique ou satirique interdisant de les prendre au pied de la lettre", et ne peuvent "de ce fait induire une quelconque animosité ou sentiment de rejet à l'égard de ceux qui vénèrent le Christ".

De surcroît, ajoutaient-ils, "il n'est nullement exclu que pour l'auteur, les chrétiens, loin d'apparaître comme une cible, doivent bien davantage être considérés comme les dupes ou les victimes" du Christ tel qu'il est dépeint par le dramaturge.

Lors de ses représentations en France (à Toulouse en novembre 2011 et Paris en décembre 2011), la pièce a opposé les catholiques traditionalistes, qui la jugent blasphématoire et "christianophobe", aux défenseurs de la liberté de création.