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Avignon Off : "Bérénice 34-44", révélation d'une merveilleuse jeune comédienne

Adapté par Isabelle Stibbe de son roman éponyme, Prix Simone Veil 2017, "Bérénice 34-44" a trouvé la comédienne à la hauteur pour incarner la dizaine de rôles que recèle la pièce située durant la montée du nazisme et la Seconde guerre mondiale à Paris. Malgré son titre et quelques références, rien à voir avec le classique de Racine. Mais un joli texte, surtout porté par Violette Erhart.
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France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Violette Erhart dans "Bérénice 34é44" d'Isabelle Stibbe
 (DR)

Mélodrame

Violette Erhart, 24 ans, ira loin. Le contraire irait contre le sens de l’histoire. Son rôle de jeune fille juive portée par sa vocation théâtrale dans les années 30, à laquelle s’oppose son père autoritaire, semble avoir été écrit pour elle, tant elle se donne sur scène. Quittant sa famille pour vivre de son art, elle va gravir les échelons, intégrer la Comédie-Française, devenir une égérie, jusqu’à ce que l’Occupation la remette en cause en raison de ses origines.
Linéaire, récit d’une réussite fulgurante portée par la passion pour l’art dramatique, "Bérénice 34-44" pèche par sa construction par trop mélodramatique. L’opposition du père à la vocation de sa fille, sa rupture forcée avec la famille, la reconnaissance de son talent qui la sacralise auprès des plus grands acteurs de l’époque, de Louis Jouvet à Raimu, puis sa chute due à l’arrivée des nazis à Paris, est un peu réductrice.

Emotion

"Bérénice 34-44" parvient toutefois à transmettre les fondamentaux de l’Occupation, notamment à destination des jeunes générations, et de les pousser à persévérer dans leur vocation. Le spectacle s’offre ainsi parfaitement aux sorties scolaires, notamment des collèges, car la pièce recèle un sens du récit didactique, sans être simpliste.
 Violette Erhart dans "Bérénice 34-44" de Isabelle Stibbe
 (DR)
Mais c’est la présence sur scène de Violette Erhart qui porte la pièce. Parfaite dans sa prestance physique, changeant de costume, passant d’un accent à un autre avec une diction parfaite, énergique et sensible dans tous ses rôles, occupant une belle scène parsemée de meubles et d’objets symboliques de son parcours… elle communique une émotion sincère qui la submerge lors des applaudissements nourris qui saluent sa performance.

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