"Après la fin" : un thriller au tréfonds de l'âme humaine au TNP de Villeurbanne

Dans une situation d’urgence, quand la survie est en jeu, perd-on son identité et son humanité ? Fiction d’anticipation ultra-réaliste, "Après la fin" explore les mécanismes de l’âme humaine lorsqu’elle est dirigée par la peur. Une pièce haletante mise en scène par Baptiste Guiton au Théâtre National Populaire de Villeurbanne, dont on ne sort pas indemne.

Tiphaine Rabaud Fournier interprète une Louise à la fois inflexible et ambivalente.
Tiphaine Rabaud Fournier interprète une Louise à la fois inflexible et ambivalente. (Michel Cavalca)
Il en a fait une marque de fabrique, depuis qu’il est metteur en scène : Baptiste Guiton et sa compagnie lyonnaise Le théâtre exalté s’emploient à monter des pièces d’auteurs vivants. Ceux qui racontent notre époque au plus près. Ecrite en 2005 par le britannique Dennis Kelly, la pièce "Après la fin" est une fiction d’anticipation. A la suite d’une explosion atomique, Mark et Louise se réfugient dans un abri anti-atomique. Il ne leur reste des vivres que pour quelques jours. Contraints de cohabiter, chacun va se battre pour sa survie dans une lutte sans concessions.

La seule manière pour les gens de te détruire, c’est de les laisser te transformer en quelqu’un d’autre.extrait "Après la fin" - Denis Kelly

Mark et Louise deux naufragés réfugiés dans un abri anti-atomique.
Mark et Louise deux naufragés réfugiés dans un abri anti-atomique. (Michel Cavalca)

Un duo d'acteurs inspirés

La pièce de Dennis Kelly explore le tréfonds de l’âme humaine. L’évolution d’un homme et d’une femme dans un espace clos quand chacun tente de survivre au détriment de l’autre. Rythme haletant, textes ciselés portés par un duo d’acteurs inspirés (Thiphaine Rabaud Fournier et Thomas Rortais), la mise en scène de Baptiste Guiton ne laisse au spectateur aucun échappatoire. Il entre dans ce huis clos à son corps défendant.

"C'est un théâtre à l'os, dont les corps et les mots sont les outils essentiels de la représentation de la décadence,"

Baptiste Guitton
metteur en scène

Un Robinson et son Vendredi du XXIe siècle dont les ressorts psychiques bousculent nos certitudes. L'emprise psychologique et la violence physique sont parfois insupportables mais ils sonnent justes et l'humour, heureusement, apporte quelques respirations.