Cet article date de plus de deux ans.

La femme du jour. Fanny Cabon

Chaque jour, Nathalie Bourrus raconte une femme. Un portrait, mais surtout une rencontre. Aujourd'hui, Fanny Cabon, comédienne. 

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Seule sur la scène du théâtre du Gymnase, Fanny Cabon incarne dix femmes, de son arrière-grand-mère à sa fille de 17 ans.  (NATHALIE BOURRUS / RADIO FRANCE)

Nom : Cabon. Prénom : Fanny. Age : 47 ans. Métier : comédienne. Pourquoi elle ? Parce qu’elle joue Les Gardiennes, au théâtre du Gymnase, à Paris, jusqu’à mi-janvier. Une pièce qu’elle a écrite. Seule sur scène, elle incarne dix personnages. Dix femmes, de son arrière-grand-mère à sa fille de 17 ans. En une heure et demi, Fanny est dure, honnête, cruelle, fougueuse, immorale, juste, secrète, colérique, aimante… déstabilisante surtout. Sur les planches, ses Gardiennes vous emmènent dans un tourbillon de sentiments, un vertige d’émotions.

La femme du jour : Fanny Cabon
écouter

Fanny est ainsi. Elle vous secoue. Cette mère de deux enfants surdoués, avec le même homme depuis 20 ans, ne peut faire autrement : elle vous touche en plein cœur. "C’est mon histoire, celle de ma famille, raconte-t-elle. Celle de mes tantines, les sœurs de ma grand-mère. Mais c’est surtout une histoire universelle. Des hommes qui viennent voir la pièce me disent qu’ils ont compris. Je vois des femmes pleurer."

Petite, je voulais être vétérinaire. Les animaux m’aiment. C’est une dame qui avait un chien, qui m’a appris à jouer la comédie. Une Roumaine.

Fanny Cabon

à franceinfo

Et la voilà imitant la dame au caniche. En roulant les R, en se tordant la bouche. Et en éclatant de rire. "À 16 ans, poursuit Fanny Cabon, je jouais un monologue du Cid. Puis, j’ai envoyé une photo de Photomaton. Et j’ai été repérée par un agent." "Ah bon, qui ça ?", lui demande-t-on. "On l’oublie, répond-elle. Ce n’est pas un homme bien." Lui aurait-il fait du mal ? "Non, pas du tout, assure-t-elle. Mais bon, il n’était pas très honnête. Quand j’étais jeune, on m’appelait Syndiquette."

Les comédiens, ces fous du roi

La Syndiquette, même repérée, a préféré, d’abord, faire des études, une licence de Lettres et Théâtre. "Les comédiens sont là pour être les fous du roi, pour questionner, indique la comédienne. Pour pouvoir dire des choses, il faut savoir des choses. Comprendre, et transmettre." 

La transmission est désormais l’obsession de Fanny Cabon. Tellement, qu’elle a monté un théâtre d’entreprise. Elle intervient dans des boites, pour remettre du lien, apaiser et donner des clés aux humains parfois dépassés que nous sommes. Un mot pour la définir ? "Vraie." C’est la femme vraie, que le mensonge ou les petites tractations révulse. Sa thérapie, c’est la vérité.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.