Dans le Luberon, les chaussons des danseurs étoiles se transforment en œuvres d'art

À Cucuron dans le Luberon, l'ex-danseur étoile Jean-Charles Gil expose ses créations à partir de chaussons de danse. Une autre vision du ballet. 

Article rédigé par
Camille Belsoeur - franceinfo Culture
France Télévisions Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 1 min.
L'une des œuvres de Jean-Charles Gil à Cucuron dans le Luberon.  (FRANCEINFO)

C'est une autre façon de voir un ballet. D'habitude, les spectateurs sont confortablement assis dans leur siège face à la scène pour admirer les danseurs exécutés des chorégraphies. Loin de ce tableau, Jean-Charles Gil propose une autre vision de la danse à travers une exposition qui se tient en les murs de l'espace culturel L'Essentiel à Cucuron dans le Luberon jusqu'au 21 juillet. 

Cet ex-danseur étoile du ballet national de Marseille a créé, depuis 24 ans, des œuvres à partir de chaussons de danseurs. C'est ce travail qu'il expose actuellement. Il explique ce choix du chausson pour raconter la danse. "Il y a une vérité à travers le chausson et ce qu'il a vécu. Il a transpiré avec nous, il nous a accompagnés. Il est le témoin de tous nos moments. C'est notre allié, notre complice de tous les jours. C'est aussi notre bouc émissaire par moment. C'est très spécial ce lien avec le chausson", narre Jean-Charles Gil.  

Danse : L'homme aux chaussons

"J'ai eu besoin de m'exprimer"

Tout au long de sa carrière, Jean-Charles Gil a connu des hauts et des bas. À 17 ans, il est engagé au ballet de Marseille. Deux ans plus tard, il est déjà promu danseur étoile. Ensuite, les plus grands chorégraphes lui offrent des rôles principaux. Mais le doute l'assaille. Comme tous les danseurs professionnels, il souffre dans son corps. Mais aussi dans sa tête. Pour extérioriser ces sentiments, il récupère des chaussons de danse et les assemble. 

Il s'arrête devant l'une de ses œuvres. "Là, ce sont mes premiers chaussons. Il y a 24 ans après un ballet à Monte-Carlo, j'étais encore danseur étoile. C'est là que j'ai eu besoin de m'exprimer. J'ai eu besoin d'aller plus loin et d'être moi-même dans un moment un peu dur, de souffrance. J'avais des problèmes physiques et pyschologiques. J'ai donc créé cette œuvre et c'est là que tout a commencé", poursuit Jean-Charles Gil. 

Au fil du temps, il récupère des centaines de chaussons usés. Les siens, mais aussi ceux de collègues. Il s'arrête devant une paire de chaussons rouges qui trônent au milieu d'une composition. "Là, c'était L'oiseau de feu de Stravinsky. Elles ont dansé des ballets russes"

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