A Montpellier, la danse de la colère de 200 artistes face à la fermeture des lieux culturels

Devant le Corum, la grande salle de spectacle de Montpellier, 200 artistes vêtus de noir et avec un nez rouge, ont "dansé leur colère" pour protester contre la fermeture des lieux culturels à l'initiative du collectif Les Essentiels. 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
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Devant la salle de spectacle le Corum à Montpellier, 200 artistes dansent vêtus de noir et avec un nez rouge à l'appel du collectif Les Essentiels le 12 décembre 2020. (GIACOMO ITALIANO / HANS LUCAS)

"Ceci n'est pas une fête, ceci n'est pas un spectacle" : tout de noir vêtus, boule rouge sur le nez, 200 artistes ont "dansé leur colère" en plein coeur de Montpellier face à la fermeture prolongée des lieux culturels.

Une "performance revendicative" du collectif les Essentiels

Devant le Corum, grande salle de spectacle de cette ville méditerranéenne fermée depuis le nouveau confinement, une comédienne lit la lettre de l'actrice Ariane Ascaride adressé au président de la République fin octobre : "Ce qui fait un trou à mon âme est l'absence dans votre discours du mot Culture. Votre silence m'a démolie".

A l'écoute de ces mots, les 200 danseurs se couchent sur le sol. Puis, sur une musique de Led Zeppelin, tous se relèvent et se lancent dans une chorégraphie rythmée de gestes forts. Pieds martelant le sol, poings fermés, bras en croix, chutes des corps sur les feuilles mortes, le public retient son souffle le temps de cette "performance revendicative" du collectif les Essentiels.

Montpellier : la "danse de la colère" de 200 artistes réunis et chorégraphiés par le collectif Les Essentiels le 12 décembre 2020. (GIACOMO ITALIANO / HANS LUCAS)

Dans son gilet noir et derrière son nez rouge, Élodie Cauby ne cache pas son émotion. Professeur de danse d'une trentaine d'années, elle se sent "invisible aux yeux de la classe politique". Elle danse dans cette performance pour "partager cette sensation de détresse". "La danse comme le théâtre sont des métiers de coeur. Franchement, profondément, notre coeur est blessé", lâche-t-elle.

"Nous ne comprenons pas ce manque de confiance"

Jean et baskets noirs, Catherine Warburton, 37 ans, distribue des nez rouges aux participants. "Si nous sommes non-essentiels, alors de quoi allons-nous vivre demain ?", se demande cette danseuse interprète. "Pour vivre en ce moment, c'est compliqué. J'ai plusieurs statuts, micro-entreprise, salariée, et associatif. Mes contrats n'ont pas pu se faire, c'est une perte sèche de tous mes revenus. Le chômage partiel n'est valable que sur les missions salariées, ce qui n'est pas du tout le cas pour la majorité d'entre nous", explique-t-elle.

Les théâtres, cinémas et musées qui devaient rouvrir le 15 décembre, resteront finalement fermés au moins jusqu'en janvier, a annoncé le Premier ministre Jean-Castex jeudi, suscitant "l'incompréhension des artistes". "Nous sommes capables de respecter les protocoles sanitaires dans les théâtres, les salles de danse. De l'argent a même été dépensé pour ces protocoles. C'est de l'argent perdu. Nous ne comprenons pas ce manque de confiance", lance Katia Benbelkacem, cheville ouvrière de l'événement et du collectif les Essentiels.

Derrière elle, une banderole proclame : "Nous définir comme non-essentiels nous condamne à une mort économique". Après la performance publique, le collectif soutenu entre autres par la chorégraphe Mathilde Monnier, est longuement applaudi par le public, certains criant "Ne lâchez rien".

Par ailleurs, une manifestation est organisée à l'appel de la Cgt Spectacle à Paris et en région mardi 15 décembre contre la fermeture des salles de spectacle et de cinéma. 

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