"Cabaret", la comédie musicale burlesque et noire fait son grand retour au nouveau Lido

Envolées les Bluebell Girls, pour la réouverture du Lido, rebaptisé Lido2Paris, le mythique "Cabaret" est à l’affiche dans sa version d’origine créée à Broadway en 1966, celle qui a inspiré le film de Bob Fosse avec Liza Minnelli.
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France Télévisions Rédaction Culture
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Le maître de cérémonie, Emcee (Sam Buttery), entouré des chanteurs et danseurs de "Cabaret" (Julien Benhamou)

Dans la jolie salle sphérique où les tables de restaurant ont été remplacées par des guéridons pouvant accueillir bretzels ou encas à peine décongelés (!), c’est le baptême du feu pour le directeur artistique du nouveau Lido, Jean-Luc Choplin. Après avoir réveillé en son temps le Châtelet et plus récemment Marigny ou la Seine Musicale, voilà ce pro enthousiaste de 72 ans relevant le défi de transformer la salle des Champs-Elysées "en nouveau lieu de spectacles pour les Parisiens"

Et il frappe fort avec ce Cabaret en V.O. surtitré en français, mis en scène par son comparse Robert Carsen (Singin’ in the Rain, My Fair Lady…), un must de Broadway avec ses chansons fortes et entêtantes sur un sujet très sombre : la montée du nazisme.

Nous voici au Kit Kat Club à Berlin au début des années 1930, un jeune écrivain américain (Olivier Dench) en panne d’inspiration tombe amoureux d’une meneuse de revue, Sally Bowles (Lizzi Connolly). S’entrecroiseront, autour d’eux, les destins d’une logeuse en mode survie (Sally Ann Triplett), d’un épicier juif ayant fait la guerre et se considérant d’abord comme Allemand (Gary Milner), d’une prostituée prête à toutes les compromissions, et de nazis de plus en plus menaçants.

Sally Bowles (Lizzi Connolly)  et Clifford Bradshaw (Olivier Dench) dans "Cabaret" (Julien Benhamou)

La fin d'un monde

Robert Carsen rend palpable la fin d’un monde, conjuguant admirablement fièvre, décadence et divertissement. Il utilise les ressources de cette merveilleuses salle et son devant de scène escamotable qui rend parfaitement fluide l’enchaînement des tableaux.

Des chansons comme Money makes the world go round ou Through my eyes, accompagnées par un orchestre live de neuf musiciens, n’ont bien sûr pas pris une ride et parlent tout autant des populismes,  pour ne pas dire des dictatures d’aujourd’hui. Ça chante, ça danse (les chorégraphies sont signées Fabian Aloise), c’est orchestré par l’épatant et inquiétant maître de cérémonie Emcee (Sam Buttery).

Emcee (Sam buttery) est le maître de cérémonie de "Cabaret" mis en scène par Robert Carsen (Julien Benhamou)


Le malaise est à son comble à la fin de la première partie. Alors que des images d’Hitler sont projetées sur un écran géant, la foule se fige dans un salut nazi et la salle, saisie, suspend ses applaudissements. 

"Life is a cabaret"

Cette comédie musicale inspirée à l’origine par le livre Adieu à Berlin de Christopher Isherwood, devenue légendaire grâce à Liza Minnelli, est un cocktail détonnant. Derrière la beauté et l’énergie des chansons et des danses, la tragédie s’installe de plus en plus, jusqu’à une fin profondément mélancolique. 

Fräulein Schneider (Sally AnnTriplett) et Herr Schultz (Gary Milner) dans "Cabaret" (Julien Benhamou)


Tout se terminera cependant avec la chanson emblème Life is a cabaret (La vie est un cabaret mon gars), conclusion grinçante à une œuvre toujours aussi percutante, 50 ans après sa création.

"Cabaret" au Lido2Paris
Mis en scène de Robert Carsen

Jusqu'au 3 février 2023 
116 Av. des Champs-Élysées, 75008 Paris
01 53 33 45 50

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