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"La Ballade de Souchon" à la Comédie-Française, une jolie et inattendue fantaisie chorale en hommage au chanteur

"Un poète contemporain", "un diseur de chansons"… Cinquante ans déjà qu’Alain Souchon parle de nous, de l’enfance, du drôle de monde qui nous entoure. Pour Françoise Gillard, sociétaire de la Comédie-Française, cela méritait bien un hommage, comme ça, l’air de rien…
Article rédigé par Sophie Jouve
France Télévisions - Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min
"La Ballade de Souchon" par la troupe de la Comédie-Française (BRIGITTE ENGUERAND / DIVERGENCE - IMAGES)

Un salon-cuisine rustique, avec sa table de ferme, ses fauteuils en cuir confortables, son globe terrestre lumineux. C’est dans ce cadre chaleureux que Françoise Gillard, conceptrice et metteuse en scène du spectacle , réussit le pari d’évoquer Alain Souchon avec quelques complices femmes et trois musiciens. Comme si à la fin d’un dîner entre amis on décidait de reprendre tous ensemble le répertoire d’un chanteur qu’on aime. 

"La Ballade de Souchon", mise en scène par Françoise Gillard (BRIGITTE ENGUERAND / DIVERGENCE - IMAGES)

 

Un éclairage personnel aux chansons


Six comédiennes de générations différentes (Coraly Zahonero, Françoise Gillard, Danièle Lebrun, Claire de La Rûe du Can, Yasmine Haller, Emma Laristan) et au joli brin de voix, donnent chacune un éclairage personnel aux chansons. Ainsi la délicieuse Danièle Lebrun interprète Allô maman bobo, avec ce détachement et cet œil malicieux très souchonien. Claire de La Rûe du Can, elle, met à nu Le monde change de peau qu’elle nous livre comme un poème, s’attardant davantage sur le texte. Quant aux deux jeunes élèves de l’Académie : l’une (Yasmine Haller) donne une colère et une puissance formidable à Dégoût et à Foule sentimentale ; l’autre (Emma Laristan), apporte à J’ai 10 ans un mélange d’ingénuité et d’esprit canaille.

"La Ballade Souchon" au Studio Théâtre de la Comédie-Française (BRIGITTE ENGUERAND / DIVERGENCE - IMAGES)

 

Effeuillage plein de charme


"Ses chansons sont comme des polaroïds qui révèlent notre image et celle de la société",
note Françoise Gillard qui enchaîne dans son spectacle moments joyeux et ceux plus intimes, dessinant tout naturellement le portrait de l’anti-héros de J’suis bidon, une machine à tubes, aussi discret que populaire.

Un effeuillage d’une heure plein de charme : son amour dès l’enfance pour Apollinaire, sa timidité, ses rôles au cinéma ( L’Été meurtrier avec Isabelle Adjani…), sa composition de la chanson originale de L’Amour en fuite de Truffaut, son côté doucement rebelle "qui le fait marcher sur l’herbe, à côté de la route", et bien sûr la complicité artistique avec Laurent Voulzy.  

Claire de La Rûe du Can dans "La Ballade de Souchon" (BRIGITTE ENGUERAND / DIVERGENCE - IMAGES)


On a le plaisir de découvrir, pour beaucoup d’entre nous, des créations moins connues comme Le Marin ou La Vie Théodore, en hommage à un grand voyageur du désert qu’était Théodore Monod. On entend parfois la voix du chanteur dans des extraits savoureux d’interviews ou de reportages télévisés. Mais la Ballade de Souchon sait aussi préserver une part de mystère. Comme le dit Danièle Lebrun : "Souchon quand il se plaint c’est joli."

"La Ballade de Souchon" de Françoise Gillard et Amélie Wendling
Mise en scène Françoise Gillard
Avec Coraly Zahonero, Françoise Gillard, Danièle Lebrun, Claire de La Rüe du Can, Yasmine Haller, Emma Laristan
Les musiciens : Yannick Debornes, Mathieu Serradell, Florence Hennequin
Du 26 janvier au 5 mars 2023 à 18h30
Studio Théâtre de la Comédie-Française
99 rue de Rivoli
Galerie du Carrousel du Louvre, Paris 1er

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