"Soutenir la création, c'est le plus important" : comment La Brèche, pôle national des arts du cirque de Cherbourg, rattrape le temps perdu

Lieu dédié à la création circassienne, la Brèche redémarre la saison sur les chapeaux de roue. Et accueille cette année une quarantaine de compagnies en résidence contre 25 habituellement.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Antoine Guillaume répète son prochain spectacle avec la compagnie La main de l'homme (France 3 Normandie)

Il a la tête à l'envers, les bras et les jambes écartés, et son corps tout entier repose sur son crâne. Si l'on tend bien l'oreille, on l'entend murmurer "résister". Un verbe qui, chez les artistes, résonne plus que jamais.

Sans aucun doute, sur scène, Antoine Guillaume est dans son élément. Pour cet acrobate, retrouver les planches et reprendre les répétitions est un réconfort immense car malgré quelques représentations en extérieur cet été, le spectacle qu'il prépare avec la compagnie La main de l'homme signe pour lui la reprise.

Ça fait plaisir de retrouver une dynamique de création sur du long terme avec les copains

Antoine Guillaume

circassien

Continuer à créer en période de crise sanitaire est un vrai jeu d'équilibriste. Clément Dazin, directeur artistique en sait quelque chose. Il travaille depuis un an sur son dernier spectacle intitulé Inops, une création sur l'impuissance que l'on a parfois à agir. La Brèche, pôle national des arts du cirque de Cherbourg l'accueille, lui et sa compagnie, depuis à la fin d'été. Aux côtés d'Antoine Guillaume, sept artistes et techniciens travaillent aujourd'hui sans savoir de quoi demain sera fait. L'incertitude est encore totale, avoue le créateur de La main de l'homme. "Une semaine avant de venir ici, on ne savait pas s'il allait y avoir une deuxième vague. Je pense que cela sera comme ça pendant longtemps."

Les compagnies fragilisées par la crise sanitaire

Au printemps dernier, en plein festival, La Brèche a vu toutes ses activités stoppées net. En soutien à la culture, le gouvernement a annoncé une aide de 2 milliards d'euros dont 200 millions alloués au spectacle vivant subventionné. Une aide bienvenue que l'instituion souhaite mettre au service des artistes et des compagnies fragilisées par la crise sanitaire.

Cette somme "va nous aider à soutenir les projets de création, explique la directrice de la Brèche, Yveline Rapeau. C’est le plus important. On a eu une parenthèse incroyable de plus de huit mois où les équipes artistiques n’ont pas pu répéter, les créations étaient suspendues, il faut rattraper dans un temps plus court."

Et pour rattraper ce temps perdu, la Brèche a décidé d'accueillir plus de compagnies que la saison dernière. Une quarantaine devraient recevoir le soutien du pôle national contre 25 en temps normal.

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