Interdiction des animaux sauvages dans les cirques : "C'est uniquement à cause des élections tout ce bazar"

La Ville de Paris s'engage formellement à ne plus donner "aucune autorisation" d'installation dès 2020 aux cirques qui présenteront des spectacles avec des animaux sauvages. Une décision qui ravit les défenseurs des animaux mais pas certains circassiens, "prêts à riposter".

Une lionne du cirque Arlette Gruss.
Une lionne du cirque Arlette Gruss. (THOMAS GRUMEAU/RADIO FRANCE)

La Ville de Paris a voté vendredi soir la fin dès 2020 de la délivrance d'"autorisations d'occupation de terrain" pour les cirques qui présenteront des spectacles avec des animaux sauvages. Mais certains refusent d'abandonner leurs bêtes. C'est le cas du cirque Arlette Gruss qui doit se produire à la fin du mois à Paris.

"Tout ce que les animaux font ici, ils le font aussi dans leur habitat naturel"

Sous l'imposant chapiteau blanc et rouge, danseurs, acrobates et animaux débarquent pour faire le show. Dans un instant, les lionnes feront leur entrée dans l'arène du cirque Arlette Gruss, fondé en 1985. "Tout ce que les animaux font ici, ils le font aussi dans leur habitat naturel", raconte Sarah Houcke, dresseuse de fauves depuis 20 ans. Elle dit être attachée à construire, avec ses bêtes, une relation basée sur la confiance et non sur la peur. "C'est une relation intense que j'ai avec les animaux", ajoute-t-elle.

Le cirque Arlette Gruss est un cirque français fondé en 1985 par Arlette Gruss et son époux Georgika Kobann.
Le cirque Arlette Gruss est un cirque français fondé en 1985 par Arlette Gruss et son époux Georgika Kobann. (THOMAS GRUMEAU / RADIO FRANCE)

Le cirque Arlette Gruss accueille 650 000 spectateurs par an. Certains d'entre eux sont préoccupés par le bien-être des animaux et n'hésitent pas à boycotter d'autres cirques. "On aime bien les animaux mais on ne veut pas qu'ils soient maltraités", raconte Jessica qui a déjà refusé d'assister à un spectacle dans un cirque de campagne.

Le cirque Arlette Gruss veut attaquer Paris en justice

Le directeur du cirque, Gilbert Gruss confirme vouloir attaquer la mairie de Paris en justice. Il assure que les villes n'ont pas le droit d'interdire les cirques avec animaux sauvages. "La seule personne" qui peut le faire "c'est le président de la République", ajoute le directeur. Pour lui, "c'est uniquement à cause des élections que l'on voit tout ce bazar. Avant on entendait pas parler de tout ça". 

La cavalerie Gruss est une tradition. Elle est généralement gérée par un membre de la famille.
La cavalerie Gruss est une tradition. Elle est généralement gérée par un membre de la famille. (THOMAS GRUMEAU/ RADIO FRANCE)

Alors que des mesures pour l'accueil des animaux ont déjà été mises en place, certains artistes se sentent malgré tout attaqués. "On est d'accord pour défendre les animaux. On le fait de nombreuses années déjà. Les espaces de détente pour les animaux par exemple, ça émane de ce travail avec l'état", explique Rémy Becuwe, coordinateur du spectacle.

En France, 384 communes, comme Dijon, Montpellier, Strasbourg ou Ajaccio, ont déjà pris des arrêtés pour les interdire les animaux sauvages dans les cirques.