Les plateformes comme Netflix et Amazon devront investir 20 à 25% dans la création française ou européenne, assure Roselyne Bachelot

Dans un entretien aux Echos publié mercredi, la ministre de la Culture annonce que les plateformes de vidéo sur abonnement auront l'obligation de financer les contenus français ou européens, ce qui constitue "une révolution" selon elle.

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France Télévisions Rédaction Culture
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La ministre de la Culture Roselyne Bachelot à son arrivée au Festival du film américain de Deauville (Normandie), le 4 septembre 2020. (LOIC VENANCE / AFP)

Les plateformes de vidéo sur abonnement comme Netflix ou Amazon devront investir 20% à 25% du chiffre d'affaires qu'elles réalisent en France dans la production d'oeuvres francaises ou européennes, a annoncé mercredi 28 octobre la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, dans un entretien aux Echos.

Cette fourchette est moins élevée que le taux plancher de 25%, évoqué en début d'année par son prédécesseur Franck Riester.

Roselyne Bachelot parle d'une "révolution"

Néanmoins, le principe même de faire désormais contribuer les géants du streaming, comme Netflix, Amazon Prime Video, Disney+ ou Apple TV+, au financement de la création française, "est une révolution", a souligné la ministre au quotidien économique, assurant avoir "placé la barre très haut". Selon elle, "cela pourrait être aussi révolutionnaire et structurant pour le secteur que la loi de 1981 sur le livre".

En échange de cette obligation d'investissement, qui figure dans un projet de décret ouvert à une consultation jusqu'au 10 novembre, les plateformes de streaming vont pouvoir bénéficier d'un assouplissement du régime dit de la chronologie des médias, et diffuser des films plus vite après leur sortie en salles, alors qu'elles doivent attendre 36 mois actuellement.

Discussions à venir concernant les obligations des chaînes télé privées

Par ailleurs, la ministre a fait un pas vers les acteurs de la télévision traditionnelle, qui sont demandeurs (notamment les groupes privés Canal+, TF1 et M6) de nombreux assouplissements réglementaires : elle appelle à ouvrir dès à présent des discussions pour réviser les obligations des diffuseurs historiques vis à vis notamment des producteurs de cinéma et de télé.

"S'il n'y a pas d'accord, l'Etat prendra ses responsabilités. Nous sommes soucieux d'un traitement équitable entre plateformes et chaînes de télévision traditionnelles", a-t-elle souligné, promettant que d'ici l'été 2021, "nous aurons modernisé le cadre général de contribution au financement de la création de tous les acteurs".

Cette obligation d'investissement faisait partie des mesures emblématiques de la grande réforme de l'audiovisuel présentée fin 2019 par l'ancien ministre de la Culture Franck Riester, et dont l'examen a été suspendu en raison de la crise sanitaire.

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