Jérôme Ferrari remporte le prix Goncourt

Il est l'auteur du "Sermon sur la chute de Rome" (Actes Sud). Le prix Renaudot a été remis à Scholastique Mukasonga pour "Notre-Dame du Nil" (Gallimard).

L\'écrivain Jérôme Ferrari au restaurant Drouant à Paris, après avoir obtenu le prix Goncourt, le 7 novembre 2012.
L'écrivain Jérôme Ferrari au restaurant Drouant à Paris, après avoir obtenu le prix Goncourt, le 7 novembre 2012. (ERIC FEFERBERG / AFP)

PRIX LITTERAIRES – C'est le prix littéraire français le plus convoité. Le Goncourt a été officiellement attribué, mercredi 7 novembre, à Jérôme Ferrari pour Le Sermon sur la chute de Rome (Actes Sud), depuis le sélect restaurant parisien Drouant. Avec ce prix, l'écrivain peut espérer vendre près de 400 000 exemplaires de son roman. Le prix Renaudot a été remis le même jour à Scholastique Mukasonga pour Notre-Dame du Nil (Gallimard).

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Quatre finalistes restaient en lice pour le Goncourt : Patrick Deville, déjà couronné lundi par le Femina pour Peste & Choléra, Jérôme Ferrari, la Française d'origine vietnamienne Linda Lê pour Lame de fond et le jeune Suisse Joël Dicker, déjà récompensé par le Grand prix du roman de l'Académie française, le 25 octobre, pour La Vérité sur l'affaire Harry Quebert

Les jeux étaient particulièrement ouverts pour ce cru 2012, et les pronostics hasardeux. Le scrutin a été très serré : Le Sermon sur la chute de Rome a reçu cinq voix contre quatre pour Peste & Choléra, souligne Pascale Deschamps, de France 2, qui était mercredi devant Drouant pour vivre l'annonce.

Pascale Deschamps - France 2

L'ouvrage de Jérôme Ferrari, professeur de philosophie, fait d'un bar corse l'épicentre d'une fable sur les espérances déçues, les frustrations et la fugacité des mondes.

Recevoir le Goncourt, "une chute de tension" et une "joie"

"Qu'une fiction qui se déroule en Corse puisse avoir le Goncourt, c'est aussi un motif de satisfaction parce qu'il y a dix ans, si on m'avait dit cela, j'aurais ri au nez du prophète", a réagi Jérôme Ferrari, dont l'enfance et la jeunesse se sont déroulées entre Paris et la Corse. En apprenant que le prix Goncourt lui avait été décerné, il a affirmé avoir ressenti  "comme une chute de tension qu'on peut considérer comme une définition correcte de la joie".

"C'est un acte fondateur pour la Corse, comme le fut, dans le domaine sportif, la participation de Bastia à la finale de la Coupe d'Europe de football, en 1978", a déclaré à l'AFP le libraire bastiais Sébastien Bonifay. "Cela donne une image autre que celle de la violence et je suis très content que ce Goncourt soit attribué à un professeur", a déclaré le recteur de l'Académie de Corse, Michel Barrat. "Je connais bien Jérôme Ferrari, qui a enseigné la philosophie au lycée Fesch d'Ajaccio. C'est un excellent professeur et un type bien !", a ajouté le recteur.

Le Renaudot pour une écrivaine rwandaise

A la même heure, le prix Renaudot a été proclamé, également chez Drouant. Alors que Vassilis Alexakis partait grand favori avec L'Enfant grec, c'est finalement Scholastique Mukasonga qui a remporté le prix pour Notre-Dame du Nil, publié chez Gallimard. Il s'agit de son premier roman, dans lequel des jeunes filles tentent d'échapper à l'histoire terrible qui a décimé sa propre famille.

L'écrivaine rwandaise ne figurait pas dans la sélection, qui était par ailleurs composée d'Anne Berest, auteure des Patriarches, de Christian Authier, avec Une certaine fatigue, de Jean-Loup Trassard avec L'homme des haies et, de nouveau, de Patrick Deville. Le prix Renaudot essai a été remis à Franck Maubert pour Le dernier modèle (Fayard).

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