Provocations et poncifs à la chaîne pour "Love", le dernier film de Gaspar Noé

Après les polémiques, la sortie. "Love", le nouveau film de Gaspar Noé, sort ce mercredi sur les écrans français, assorti d'une interdiction pour les moins de 16 ans. Présenté à Cannes en séance de minuit en mai dernier, le film sulfureux a beaucoup fait parler pour ses scènes de sexe non simulées. Un affichage provocateur alourdi par un propos lénifiant, selon notre chroniqueur Yann Bertrand.

(Le film "Love", de Gaspar Noé, sort en salles ce mercredi 15 juillet © Maxppp)

Love parle d'amour. L'amour cru, le désir et le sexe, au gré des souvenirs de Murphy qui se remémore pendant deux heures sa passion sauvage avec Electra. Gaspar Noé filme la mélancolie, le désespoir et le glauque. Entre deux scènes de sexe non simulées, c'est un long monologue de son personnage principal que le réalisateur propose. Interrogations sur l'amour, sur sa vie aujourd'hui avec une femme qu'il n'aime pas et un bébé arrivé par hasard, regrets... Très vite, le propos devient lassant, pontifiant souvent. Trop de pseudo-philosophie qui dessert la réalisation soignée.

Avec Love , Gaspar Noé joue la provocation, notamment en usant de la 3D, procédé ici superflu, si ce n'est pour se faire plaisir avec un plan d'éjaculation au plus près... Le réalisateur, hué à Cannes pour son film Irréversible et sa scène de viol en 2002, n'a pas réitéré son coup. Interdit aux moins de 16 ans puis re-visionné après demande de la ministre de la Culture, pour aboutir au même résultat, après une fronde des syndicats de professionnels. La déception de Love est à la hauteur de l'attente, qui tient plus à la réputation sulfureuse de Gaspar Noé qu'au film en lui-même.

Dans "Love", Gaspar Noé filme la mélancolie, le désespoir et le glauque
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