"Petit éloge de la nuit" : Pierre Richard au théâtre, comme vous ne l'avez jamais vu

Loin des rôles burlesques qui ont fait son succès, l’inoubliable interprète du "Grand Blond" joue jusqu'au 15 avril à Paris, au théâtre du Rond-Point, "Petit éloge de la nuit", un spectacle mis en scène par Gérald Garutti. Pierre Richard s'est confié à franceinfo.

L\'acteur Pierre Richard dans la pièce \"Petit éloge de la nuit\", ci-contre dans sa loge au théâtre de l\'Union, à Limoges, en janvier.
L'acteur Pierre Richard dans la pièce "Petit éloge de la nuit", ci-contre dans sa loge au théâtre de l'Union, à Limoges, en janvier. (MAXPPP)
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Edité par Cécile MimautAnne ChépeaufranceinfoRadio France

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L’inoubliable interprète du Grand Blond joue en ce moment et jusqu'au 15 avril à Paris, au théâtre du Rond-PointPetit éloge de la nuit. Le comédien, qui est seul en scène, embarque les spectateurs pour une évocation poétique de la nuit, loin des rôles burlesques qui ont fait son succès.

C’est le livre d’Ingrid Astier Petit éloge de la nuit  qui a donné envie à Pierre Richard de se lancer dans cette aventure, comme il l'a confié à franceinfo.

Pierre Richard se confie à Anne Chépeau sur franceinfo
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franceinfo : La pièce est inspirée du livre d'Ingrid Astier mais fait aussi appel à d'autres auteurs...

Pierre Richard : On pouvait difficilement faire une heure et demi avec le petit livre d'Ingrid. On a choisi d'autres auteurs et pas des moindres, Nerouda, Desnos, Baudelaire, Poe. Et  puis on a évidemment particulièrement choisi ceux qui avaient un rapport avec la nuit et  ceux qui étaient le plus intéressant pour un acteur à jouer aussi. Parce que je le joue, je le vis, je bouge, je m'allonge, je regarde dans le ciel.

Vous êtes un acteur burlesque et vous allez explorer des territoires de jeu peut-être que vous n'aviez pas beaucoup exploré jusqu'ici ?

Je ne me prenais pas pour un acteur. Yves Robert (Le Grand Blond)  m'avait dit : 'Tu n'es pas un acteur, tu es un personnage'. Évidemment, au fil du temps, je suis devenu comédien. Et peut-être que là, au fond, c'est une sorte d'aboutissement. J'ai pour la première fois l'occasion et le plaisir de dire des très très beaux textes, de savourer les mots même. Avant, j'avais une tendance où les mots allaient bouler, comme si il fallait que je me débarrasse des mots pour enfin jouer avec mon corps. Là au contraire, je prends un plaisir particulier à les délivrer ces mots. La langue française est tellement belle. 

Vous avez conscience que vous allez surprendre vos admirateurs qui ne vous attendaient pas forcément là ?

J'ai bien conscience qu'effectivememnt les gens sont surpris. Moi même je le suis. J'ai eu le plus bel hommage que je pouvais espérer de ma vie quand Michel Bouquet est venu à la générale. Pour moi c'est la référence absolue. Il est venu là et il m'a parlé pendant 20 minutes du spectacle et de moi... J'ai mon Molière ! Je ne demande pas plus. Qu'un monsieur comme ça m'ait dit ce qu'il m'a dit... Il a dû être surpris aussi.

Il y a 30 ans, je n'aurais pas été capable de faire ça. Je n'avais pas la même voix d'abord. Tant qu'à faire de dire des beaux mots, c'est mieux avec une belle voix.