13h15, France 2

VIDEO. "C'est comme si on nous avait aussi cambriolé" : après le pillage de la cathédrale d'Oloron-Sainte-Marie

Il n’aura même pas fallu dix minutes à trois pilleurs cagoulés pour mettre la main sur le trésor de saint Grat. Il se trouvait dans l’église ouverte à l’aide d’une voiture bélier lancée contre la porte fortifiée datant du Moyen-Age. Les habitants sont encore sous le choc… Extrait du magazine "13h15 le samedi" du 23 novembre 2019.

Il est deux heures du matin, ce 4 novembre 2019, quand un riverain de la cathédrale d'Oloron-Sainte-Marie, dans les Pyrénées-Atlantiques, est alerté par un bruit, avant d'être le témoin d’un curieux manège. Une voiture bélier équipée d’un tronc d’arbre, avec à son bord trois malfrats cagoulés, vient d’être lancée contre la porte latérale, moyenâgeuse et classée au patrimoine mondial de l’Unesco, de l'édifice religieux.

Les voleurs pénètrent dans l’église et scient deux barreaux pour accéder à la pièce où se trouve le trésor de saint Grat, évêque oloronais du VIe siècle. Ils font main basse sur des dizaines d’objets de culte aussi rares que symboliques (ostensoirs, calices, croix, reliquaires, vêtements liturgiques brodés d’or…) avant de s’enfuir dans une autre voiture. L’opération commando aura seulement duré neuf petites minutes.

"C’est quand même un lieu qui nous appartient aussi"

Le père Jean-Marie Barrènes, curé de la commune, a été un des premiers à arriver en pleine nuit sur les lieux du pillage, appelé par les gendarmes : "On ne voit aucune trace d’impact sur cette porte fortifiée d’époque… Si elle pouvait parler, elle raconterait beaucoup de choses des siècles passés. Ce sont les fermetures derrière qui ont complètement lâché..." Le magazine "13h15 le samedi" (replay) s’est rendu dans la commune béarnaise le jour de la première messe après le cambriolage…

Le trouble est à son comble parmi les habitants : "Pour moi, c’était inconcevable. Je me disais que cela n’arriverait jamais", témoigne une Oloronaise. Une autre ajoute : "C’est l’endroit où on a baptisé nos enfants, j’y ai enterré mon mari, beaucoup de personnes se sont mariées dans cette cathédrale, comme une de mes filles. C’est quand même un lieu qui nous appartient aussi. Donc, c’est comme si on nous avait aussi cambriolé." Pour elle, les auteurs de cet acte sont "des bandits".

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