Nouvelle carte d'identité bilingue : l'Académie française prête à saisir le Conseil d'Etat

Dès le printemps 2021, l'Académie française s'était émue de découvrir la nouvelle carte d'identité traduite en anglais. Entrée en vigueur le 2 août dernier, la CNI bilingue ne passe toujours pas chez les "Immortels" qui, par la voix de leur secrétaire perpétuelle Hélène Carrère d'Encausse, interpellent le Premier ministre et menacent de saisir la justice administrative.

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France Télévisions Rédaction Culture
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La nouvelle carte nationale d'identité électronique, entrée en vigueur le 2 août 2021. (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

L'Académie française est prête à aller devant la justice pour faire supprimer des mentions en anglais sur le nouveau modèle de la carte nationale d'identité, a indiqué son secrétaire perpétuel Hélène Carrère d'Encausse mercredi 5 janvier au Figaro.

"Longtemps, l'Académie a réagi par des déclarations et des communiqués qui étaient écoutés. Aujourd'hui, toutes les paroles se valent. Une autre forme d'intervention s'imposait", a déclaré au quotidien celle qui préside l'institution garante de la langue en France.

L'Académie estime qu'en ajoutant par exemple "Surname" à côté de "Nom" ou "Given names" à côté de "Prénoms", le modèle conçu par le gouvernement contrevient à la Constitution, qui dispose que "la langue de la République est le français". "On met à mal un principe essentiel", estime Hélène Carrère d'Encausse. "Qui a décidé de mettre à égalité le français et l'anglais dans ce document ?", s'interroge-t-elle.

Pas une obligation

Par ailleurs, si un règlement européen oblige à traduire "Carte d'identité" dans au moins une autre langue officielle de l'Union européenne, ce texte ne prévoit pas d'autres traductions imposées. Or ici, le titre mais aussi toutes les mentions apparaissent en anglais, comme sur les passeports.

D'après Le Figaro, l'Académie "a donc mandaté un cabinet d'avocats" qui a écrit au Premier ministre Jean Castex "pour lui demander d'abroger la disposition créant la nouvelle carte nationale d'identité", sans obtenir de réponse jusque-là. Ces avocats s'apprêtent à saisir le Conseil d'État.

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