Les graffitis des résistants emprisonnés pendant la Seconde Guerre mondiale, réunis dans une exposition immersive à Limoges

Le musée de la Résistance de Limoges plonge les visiteurs dans le quotidien les opposants détenus pendant la Seconde Guerre mondiale. Sur les murs, des graffitis se découvrent, derniers témoignages légués avant leur condamnation.  

Article rédigé par
Margaux Bonfils - franceinfo Culture
France Télévisions Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Des portraits de résistants emprisonnés qui ont laissés leur trace sur les murs de la prison de Fresnes pendant la Seconde Guerre mondiale.  (France 3 Nouvelle-Aquitaine)

Vive la France”, “P’tit Jean de Pigalle est passé par ici”, “une camarade s’est suicidée le 15”, sur les murs, inscrits d’une main maladroite ou du bout des ongles, des fragments de vies humaines persistent. Les dernières traces des résistants enfermés à la prison de Fresnes pendant la Seconde Guerre mondiale. Le musée de la Résistance de Limoges rassemble ces ultimes graffitis au sein d’une exposition immersive jusqu'au 19 septembre. Quelques mots bouleversants, uniques moyens de s’exprimer pour les détenus. “Les personnes qui étaient condamnées à mort n’avaient que les murs pour parler, donc ils utilisaient ce support pour laisser une trace de leur passage”, explique Alexandra Moreau, régisseuse des collections du musée. 

France 3 Nouvelle-Aquitaine / J-M. Jonquard / C. Laulanet / C. Reynard

Une date d'arrivée, quelques vers d’un poème, des testaments ou encore des versets religieux, les visiteurs découvrent les derniers messages de ces hommes et femmes qui ont combattu dans la clandestinité l’envahisseur. La plupart des documents sont des fac-similés, la grande majorité des originaux ont été détruits par les Allemands avant la Libération. Mais quelques précieux messages rescapés, gravés sur du bois, se dévoilent au fil des galeries prêtés par le Musée de Montreuil. On peut y lire des adieux poignants de fusillés, à l’image de cette phrase signée Guy Môquet : "les copains qui restent, soyez dignes de nous, les 27 qui vont mourir”.  

Immersion 3D

L’exposition mise sur l’immersion grâce à la technologie 3D. Équipé d'un casque de réalité virtuelle et d'un système de spatialisation sonore, le visiteur découvre la cellule de 9m² de Louis Jaconelli. Le jeune homme de 18 ans a été incarcéré en 1944 pour plusieurs délits commis pour la Résistance. Sous forme d’escape game, le public fait apparaître des graffitis écrits par le condamné. Des messages adressés à sa bien-aimée avant son départ pour le camp d’Ellrich, dont il ne reviendra jamais. 

"Les murs parlent : les graffitis comme ultime témoignage", musée de la Résistance de Limoges, jusqu'au 19 septembre, 5 euros, réservation conseillée

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