Notre-Dame : les conservateurs-restaurateurs s'estiment exclus des débats

La Fédération des professionnels de la conservation-restauration dénonce leur exclusion du débat sur Notre-Dame. Ces professionnels possèdent des compétences uniques pour déceler les dommages postérieurs à l'incendie qui a frappé la cathédrale.

La cathédrale Notre-Dame de Paris, le 18 avril, après l\'incendie.
La cathédrale Notre-Dame de Paris, le 18 avril, après l'incendie. (EDOUARD RICHARD / HANS LUCAS)

"Nous avons constaté l'absence totale du terme conservation-restauration au sein des débats", alors "qu'en matière de préservation, de conservation ou encore de reconstruction, seul le temps long et la concertation garantissent une prise en compte globale, réfléchie, harmonieuse et pérenne des enjeux", déplore un communiqué la Fédération des professionnels de la conservation-restauration (FFCR).

Chargés de la surveillance des oeuvres

Quelque 1.400 conservateurs-restaurateurs sont en exercice, spécialisés dans la restauration des sculptures, boiseries, vitraux dans la France entière. "Ce sont eux qui ont pu indiquer des préconisations pour l'emballage et le transport" des toiles et objets de Notre-Dame vers le Louvre la semaine dernière, a ainsi rappelé la FFCR. 

Dans les mois à venir, ils surveilleront l'évolution de ces oeuvres dans "leur nouvel environnement" (...) "mais aussi celle des oeuvres toujours in situ" dans l'église. "Seule leur expertise permettra d'évaluer les dommages qui pourraient apparaître, et ce sont eux qui mèneront les interventions de conservation-restauration nécessaires", rappelle la FFCR.

"On ne parle pas des expertises"

"On parle de restauration, mais pas du besoin de mener des expertises sur l'état de la structure, telle qu'elle est actuellement. Il faut d'abord stabiliser et stopper les altérations", a souligné à l'AFP la présidente de la FFCR, Clémentine Bollard. Les conservateurs-restaurateurs ont "des connaissances théoriques et pratiques sur les conditions de conservation, la portée historique, artistique ou symbolique des oeuvres" et observent une "déontologie" dont l'objectif est "de stabiliser l'état des oeuvres en respectant leur authenticité". "C'est de la transmission aux générations futures qu'il s'agit", conclut la Fédération.