Notre-Dame : l'échafaudage peut encore s'écrouler et est complexe à démonter, selon l'architecte

Philippe Villeneuve, l'architecte en chef du chantier, a livré des explications au "Parisien", jeudi.

Notre-Dame de Paris, le 2 juin 2019.
Notre-Dame de Paris, le 2 juin 2019. (GODONG / ROBERT HARDING PREMIUM / AFP)

L'échafaudage construit autour de la flèche avant l'incendie de Notre-Dame reste "un danger" car il "peut s'écrouler", prévient l'architecte en chef du chantier, Philippe Villeneuve, dans Le Parisien, jeudi 12 septembre. Le démontage complexe de l'échafaudage ne pourrait s'achever qu'en janvier 2020.

"Le monument reste en danger sur deux plans : celui des voûtes, qui peuvent toujours tomber et celui de l'échafaudage, qui peut s'écrouler. Ce n'est pas rien… Il y a là près de 200 à 300 tonnes de ferraille", explique Philippe Villeneuve.

"Les tubes se sont soudés les uns aux autres"

Lors de son montage, "je voulais que [cette infrastructure] soit totalement indépendante de la flèche. Résultat, pendant l'incendie, l'échafaudage n'est pas tombé. Mais les tubes se sont soudés les uns aux autres, et se sont déformés. Seul le côté sur lequel la flèche est tombée s'est déformé. Tout cela rend la structure fragile. C'est même miraculeux que cela tienne encore", souligne l'architecte.

Dans trois semaines, une fois la pose d'un plancher terminée, Philippe Villeneuve fera "ceinturer sur trois niveaux l'échafaudage fragilisé". "Puis nous monterons un nouvel échafaudage qui culminera à 50 m et sur lequel reposera un ensemble de poutres. C'est par là que des cordistes pourront descendre et découper l'ensemble des tubes, un à un, de haut en bas. Cette opération pourrait s'achever en janvier 2020. C'est notre objectif", décrit-il. L'architecte juge "difficile d'envisager une date de fin de la période de consolidation". Selon lui, "nous ne pourrons pas être réellement rassurés avant la mi-2020".

Une fois passée la phase de démontage, "nous poserons un premier parapluie de protection, puis un grand parapluie plus haut que la toiture existante auparavant afin de reconstruire les structures de la future charpente, quelle que soit la technique choisie, bois, béton ou autre. Mais nous n'en sommes pas à ce point de détail."