Notre-Dame de Paris : le ministre de la Culture et la Fondation Notre-Dame de Paris continuent d'appeler aux dons

La Fondation du patrimoine, l'un des quatre organismes autorisés à lever des fonds, estime avoir fait le plein de dons. Ce n'est pas l'avis du ministre de la Culture et d'une autre fondation, qui redoutent un décalage entre promesses et dons effectifs.

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau visite la cathédrale Notre-Dame de Paris incendiée en compagnie notamment du ministre de la Culture français Franck Riester, le 15 mai 2019 à Paris.
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau visite la cathédrale Notre-Dame de Paris incendiée en compagnie notamment du ministre de la Culture français Franck Riester, le 15 mai 2019 à Paris. (PHILIPPE LOPEZ / POOL / AFP)

"Il est beaucoup trop tôt pour conclure que nous avons suffisamment d'argent ou même trop d'argent pour restaurer Notre-Dame de Paris." Lors d'un déplacement sur le site de la cathédrale meurtrie, mercredi 15 mai, le ministre de la Culture Franck Riester a déclaré qu'il fallait continuer à donner de l'argent pour les besoins de la restauration du prestigieux monument parisien.

La Fondation du patrimoine, l'un des quatre organismes autorisés à lever des fonds pour la restauration de la cathédrale, a pourtant annoncé mardi qu'elle fermait sa collecte, estimant qu'elle avait "fait le plein" avec 218 millions d'euros, pour 220 000 donateurs. Franck Riester a "pris acte de cette décision unilatérale" d'arrêter la collecte avant d'ajouter qu'il était "beaucoup trop prématuré [de] prendre une décision pareille".

Même si la promesse de dons est aujourd'hui autour de 850 millions d'euros, il est beaucoup trop tôt pour conclure que nous avons suffisamment d'argent ou même trop d'argent pour restaurer Notre-Dame de Paris.Franck Riester, ministre de la Culture

Le ministre a notamment invoqué deux raisons pour justifier son appel : l'écart possible entre les promesses de dons et les dons réels et l'impossibilité, encore aujourd'hui, d'évaluer le coût final des travaux. La souscription se poursuit donc sous la houlette de la Fondation de France, du Centre des monuments nationaux et de la Fondation Notre-Dame.

"La collecte n'est pas consolidée"

Cette dernière, par exemple, a recueilli pour le moment "9,5 millions d'euros auprès de 43 000 particuliers, français et étrangers (notamment 7 000 Américains) et quatre millions d'euros auprès de grands donateurs". L'archevêché de Paris, qui gère cette fondation, appelle donc à poursuivre les efforts financiers. "La collecte évoquée, le fameux 'milliard', n'est consolidée par aucune fondation, aucune autorité", explique un communiqué, en insistant sur l'absence de concret pour le moment.

L'archevêché reconnaît toutefois que "les dons les plus importants promis par des mécènes de renom" ne seront probablement pas remis en cause. Des discussions sont d'ailleurs en cours pour établir des conventions entre la Fondation Notre-Dame et les familles Pinault et Arnault, qui ont respectivement promis 100 millions d'euros et 200 millions. Ces mécènes "vont étaler leurs apports en fonction du programme du chantier", a précisé Christophe-Charles Rousselot, délégué général de la Fondation Notre-Dame. Les expertises, pour l'heure, sont loin d'être achevées.