La charpente de Notre-Dame de Paris n'est "pas reconstituable" : les arbres qui la composaient provenaient de la forêt primaire

Bertrand de Feydeau, vice-président de la Fondation du patrimoine, a expliqué, mardi sur franceinfo, que pour reconstruire la charpente de Notre-Dame de Paris ravagé par l'incendie, il va falloir mettre en œuvre des technologies nouvelles.

La charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 26 juin 2018, en pleine restauration.
La charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 26 juin 2018, en pleine restauration. (LUDOVIC MARIN / AFP)

L'incendie qui a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, lundi 15 avril, a détruit la plus grande partie de la charpente. Surnommé "la forêt", cet ouvrage constitué de poutres en chênes datant des XIIe et XIIIe siècles a été dévoré par les flammes. Malheureusement, "c'est une charpente qui n'est pas reconstituable", a expliqué Bertrand de Feydeau, mardi sur franceinfo. Le vice-président de la Fondation du patrimoine a rapporté que "nous n'avons plus sur notre territoire d'arbres d'une taille telle que ceux qui ont été coupés au XIIIe siècle et qui constituaient ce qu'on appelle la forêt primaire".

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Les arbres dans lesquels ont été taillées les poutres de la première charpente de Notre Dame ont été abattus vers 1160-1170. On estime que certains pouvaient avoir 300 à 400 ans et que 21 hectares de chêne ont été nécessaires pour la construire. Chaque poutre provenait d'un chêne différent. L'ensemble de la charpente fait plus de 100 m de longueur, 13 m de largeur dans la nef, 40 m dans le transept et 10 m de hauteur.

Bertrand de Feydeau explique que "si l'on voulait aujourd'hui reconstruire la charpente de la cathédrale avec des pièces de cette dimension, nous ne les trouverions pas sur le territoire national". En conséquence, "il va falloir mettre en œuvre des technologies nouvelles qui laisseront à l'extérieur l'aspect de la cathédrale telle que nous l'aimons mais qui ne permettront pas cette visite mystérieuse à la grande forêt de la cathédrale", a-t-il regretté.

Au sujet de la souscription nationale lancée par la Fondation du patrimoine, Bertrand de Feydeau a indiqué que son action est "d'entretenir, mais aussi de venir au secours des bâtiments qui ont été particulièrement mutilés". La souscription, qui est déjà ouverte, est disponible sur le site fondation-patrimoine.org.