VIDEO. Thomas Snégaroff décrypte la rumeur des tatouages au LSD

D'avril à décembre 1988, des tracts ont circulé dans toute la France alertant les parents de l'existence de tatouages pour enfants imprégnés de LSD. Thomas Snégaroff revient sur ce phénomène.

BRUT

"Les familles se transmettent une information sous forme d'un tract qui dit : 'Attention à vos enfants, ils risquent d'utiliser des tatouages en forme de décalcomanie, qui, en fait, sont imbibés, imprégnés de LSD", raconte l'historien Thomas Snégaroff. Pour lui, il s'agit ici d'une "rumeur sous forme de panique". La rumeur va prendre une ampleur telle que même les pouvoirs publics vont s'en émouvoir, lesquels vont aussi dénoncer le caractère infondé de l'information. 

La force extrême de cette rumeur s'explique surtout par le sentiment de méfiance. "On va la transmettre même si on n'y croit pas forcément parce que dans le doute, on se dit : je préfère me tromper mais assurer la santé des enfants", analyse l'historien.

Quelles origines ?

"Des sociologues ont travaillé dessus et pensent que ça remonte à une opération de police dans le New Jersey", rapporte Thomas Snégaroff. En 1980, des policiers sont tombés sur un stock de buvards imbibés de LSD et agrémenté d'une tête de Mickey. "Dès l'époque, vous avez une première indication mais qui est très différente de celle qui va devenir ensuite la panique plus tard, qui dit : 'Attention, des enfants pourraient prendre ces buvards pour des tatouages.' Point final."

Mais plusieurs années après, des tracts vont circuler de manière concrète, indiquant formellement que des tatouages pour enfants imbibés de LSD existent. "On passe d'une information de santé publique à une rumeur, à une théorie du complot", constate l'auteur de Little Rock, 1957. 

VIDEO. Thomas Snégaroff décrypte la rumeur des tatouages au LSD
VIDEO. Thomas Snégaroff décrypte la rumeur des tatouages au LSD (BRUT)