¡ Libertad ! Quand l'Aquitaine devenait terre d'accueil pendant la Guerre d'Espagne

Jusqu'au 19 avril 2020, les Archives départementales de Bordeaux retracent l'exil des Espagnols entre 1936 et 1939 en images et via des témoignages.

Exposition ¡Libertad! des Archives départementales de Gironde raconte l\'exil des républicains espagnols entre 1936 et 1939 vers la région Aquitaine
Exposition ¡Libertad! des Archives départementales de Gironde raconte l'exil des républicains espagnols entre 1936 et 1939 vers la région Aquitaine (ARCHIVES SUD OUEST GEORGES BERNI / ARC_DOCUMENTATION)

À l'occasion du 80e anniversaire de la fin de la guerre civile espagnole, les Archives départementales de Bordeaux proposent une exposition qui retrace cette période troublée. Le parcours est étayé de photos, de films mais aussi de lettres qui témoignent de l'exil des populations vers la France. L'Aquitaine, région frontalière, se fait alors terre d'accueil entre 1936 et 1939.

Cette exposition raconte l’histoire de ces femmes, hommes et enfants qui ont dû fuir leur pays : une histoire d'émigrés, de combattants, de réfugiés, puis d'exilés. Entre l'Espagne et la Gironde naît alors un élan de solidarité.

Journée nationale de la jeunesse française en solidarité avec la jeunesse espagnole (20 septembre 1792 / 20 septembre 1936).
Journée nationale de la jeunesse française en solidarité avec la jeunesse espagnole (20 septembre 1792 / 20 septembre 1936). (ARCHIVES BORDEAUX MÉTROPOLE / BORDEAUX MÉTROPOLE)

Les images, témoins de l'exil

A travers des documents d’archives provenant essentiellement des fonds conservés aux Archives départementales, l'exposition retrace un pan oublié de l'Histoire.

Réfugiées espagnoles en gare de Bordeaux Saint-Jean. Photographie publiée dans La Petite Gironde du 18 septembre 1936 
Réfugiées espagnoles en gare de Bordeaux Saint-Jean. Photographie publiée dans La Petite Gironde du 18 septembre 1936  (PHOTO SUD OUEST / ARC_DOCUMENTATION)

Un reportage filmé raconte une poursuite navale au large des côtes aquitaines, des journaux d'opinion girondins rendent compte, eux, du massacre de Guernica. Le parcours de l'exposition fait également état d'écrits préfectoraux, portuaires ou sanitaires. A Trompeloup par exemple, l'avant-port de Pauillac, on ne compte plus seulement des marchandises, mais aussi des centaines de réfugiés. 

En 1937 on a près de 100 000 réfugiés qui sont arrivés par bateau puis acheminés par trains spéciaux à BordeauxCyril OlivierChef du bureau des recherches et de la valorisation

La Seconde Guerre mondiale et la fin de la solidarité

Après l'urgence humanitaire et la solidarité des Girondins, l'accueil de ces populations commence à devenir plus difficile. A l'époque, la France est, comme l'Angleterre, sur une position de non intervention. "Vers la fin de la période, le déclenchement de la guerre et l'arrivée de l'exode, il y a une forte pression sur ces Espagnols qui deviennent de plus en plus indésirables, ils sont alors internés dans des camps", explique Agnès Vatican, directrice des Archives départementales. C'est dans le camp de Gurs, dans les Pyrénées-Atlantiques, que ces réfugiés (essentiellement des hommes) sont envoyés jusqu'en 1940. Pour les hommes valides, c'est le retour forcé, vers la Catalogne, seule zone républicaine accessible.

Protestation à l’unanimité du conseil municipal de Verdelais envers les réfugiés espagnols occupant les locaux de l’ancienne infirmerie du centre d’hébergement. 9 février 1940
Protestation à l’unanimité du conseil municipal de Verdelais envers les réfugiés espagnols occupant les locaux de l’ancienne infirmerie du centre d’hébergement. 9 février 1940 (AD Gironde, 4 M 529)

La Gironde, base arrière de soutien aux Républicains espagnols

L'exposition ¡Libertad!, rappelle combien la Gironde a été une des bases arrières de la guerre civile. Des réseaux se mettent en place tant en armes qu'en hommes. On compte alors près de 200 Girondins engagés aux côtés des Républicains espagnols ou dans les Brigades internationales. Durant ces trois années, le département devient le lieu d'approvisionnement clandestin de l'Espagne antifranquiste et la plaque tournante du trafic d’armes venues d’Union soviétique.

« Une entreprise de trafic de munitions à destination de l’Espagne est découverte à Bordeaux ». La Petite Gironde, 19 novembre 1936 (extraits)
« Une entreprise de trafic de munitions à destination de l’Espagne est découverte à Bordeaux ». La Petite Gironde, 19 novembre 1936 (extraits) (AD Gironde, BIB 6 I/L 3-93)

Affiche de l\'expoistion Libertad
Affiche de l'expoistion Libertad (Archives départementales de la Gironde)

¡ Libertad ! La Gironde et la guerre d'Espagne aux Archives départementales de Bordeaux.

Jusqu'au 19 avril 2020
Du lundi au vendredi de 9h à 17h et samedi et dimanche de 14h à 18h
Visite guidée mardi à 10h et dimanche à 15h. 

Entrée libre