L'accès aux archives classifiées antérieures à 1971, dont celles sur la guerre d'Algérie, va être "facilité"

Les documents secret défense de plus de 50 ans, vont être déclassifiés "dès demain", annonce l'Elysée, suivant des préconisations de l'historien Benjamin Stora.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Emmanuel Macron reçoit l'historien Benjamin Stora à l'Elysée, le 20 janvier 2021, à l'occasion de la présentation de son rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d'Algérie. (STEPHANE LEMOUTON / SIPA)

Emmanuel Macron a décidé de faciliter l'accès aux archives classifiées de plus de 50 ans, notamment celles sur la guerre d'Algérie, a annoncé l'Elysée, mardi 9 mars. Comme le préconisait le rapport de l'historien Benjamin Stora, le chef de l'Etat "a pris la décision de permettre aux services d'archives de procéder dès demain aux déclassifications des documents couverts par le secret de la Défense nationale (...) jusqu'aux dossiers de l'année 1970 incluse".

Cette décision devrait "écourter sensiblement les délais d'attente liés à la procédure de déclassification, s'agissant notamment des documents relatifs à la guerre d'Algérie", selon la présidence. Cette annonce intervient une semaine après la reconnaissance par le Président que l'avocat et dirigeant nationaliste Ali Boumendjel avait été "torturé et assassiné" par l'armée française pendant la guerre d'Algérie en 1957. Des gestes d'apaisement recommandés dans le rapport remis au Président le 20 janvier par Benjamin Stora dans le but de "réconcilier les mémoires" et de "regarder l'Histoire en face".

Les demandes des universitaires "entendues"

La portée de la décision sur les archives dépasse le cadre de l'histoire de l'Algérie. Emmanuel Macron dit avoir "entendu les demandes de la communauté universitaire", qui se plaint des difficultés d'accès aux archives classifiées de plus de 50 ans en raison de l'application scrupuleuse d'une circulaire sur la protection du secret de la défense nationale.

De leur côté, les autorités algériennes réclament depuis des années l'ouverture des archives coloniales, ainsi que le règlement de la question des "disparus" de la guerre d'indépendance, plus de 2 200 personnes selon Alger, et celle des essais nucléaires français dans le Sahara algérien. "Les gestes symboliques ne peuvent avoir de portée que s'ils sont appuyés de mobilisations citoyennes sur chacune des questions : les archives, les essais nucléaires, les disparus", avait souligné, début mars, Benjamin Stora, dans un entretien accordé au quotidien francophone El Watan.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Histoire

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.