Au château de Versailles, l'appartement de la reine a été protégé contre les incendies

Rien à voir avec l'incendie qui a touché Notre-Dame : le chantier à Versailles a duré trois ans. Les pièces viennent de rouvrir au public. 

La chambre du grand appartement de la reine au château de Versailles. 
La chambre du grand appartement de la reine au château de Versailles.  (ANNE CHÉPEAU / FRANCE-INFO)

Alors que l’incendie de Notre-Dame a rouvert le débat sur la sécurité dans les monuments historiques, le château de Versailles vient d’achever le chantier de sécurisation et de restauration du grand appartement de la reine. Ce lieu emblématique, attenant à la Galerie des glaces, a connu plus de trois ans de travaux avec comme premier objectif de renforcer la sécurité incendie.

Tout le système de chauffage repensé

Parmi les quatre pièces en enfilade qui composent le grand appartement de la reine, il y a notamment une chambre au décor somptueux. Des tentures murales mêlent fleurs, rubans et plumes de paon avec au-dessus un plafond exceptionnel. Marie Antoinette a vécu dans ces pièces, ce grand appartement est donc très prisé des visiteurs. Sauf qu'il a dû être fermé pour  procéder à son indispensable mise en sécurité explique Frédéric Didier, architecte en chef des monuments historiques. "Le plus grand risque, c'est l'incendie, explique-t-il. On a tous en mémoire l'incendie du château de Lunéville ou de Windsor, donc il était hors de question que Versailles subisse le même sort."

Le plafond de la salle des gardes de la reine à Versailles. 
Le plafond de la salle des gardes de la reine à Versailles.  (ANNE CHÉPEAU / FRANCE-INFO)

Pour minimiser les risques, le système pour chauffer l'appartement a été modifié. "Le problème, c'est que le chauffage à air pulsé est un propagateur terrible d'incendie en créant des gaines qui mettent en communication les pièces les unes avec les autres. Il fallait repenser complètement notre système pour qu'il puisse être compartimenté et isolé en cas de problème, poursuit l'architecte en chef des monuments historiques. Au-delà de ça, on avait la nécessité d'entretenir, de sauvegarder le patrimoine et d'améliorer ses conditions de conservations"

Mieux protéger les décors

Une fois le chauffage hérité de Louis-Philippe repensé et le système de détection incendie généralisé, il fallait aussi éloigner une autre menace : la dégradation des décors. Selon Laurent Salomé, directeur des châteaux de Versailles et de Trianon, les plafonds notamment étaient soumis à rude épreuve. C'était particulièrement le cas l'été en raison de la chaleur dans ce grand appartement exposé plein sud. "L'idée était que si on devait toucher à tout ce réseau de circulation d'air, c'était l'occasion ou jamais puisqu'on n'allait pas ouvrir les parois deux fois", explique-t-il.  Elles ont donc été élargies pour installer un soufflage d'air frais, ainsi qu'un système d'humidification et de déshumidification, pour éviter les pics. "Il va limiter la dégradation des collections, en particulier des plafonds parce qu'il y avait ce problème de températures extrêmes sous les voûtes"

La salle des gardes de la reine à Versailles. 
La salle des gardes de la reine à Versailles.  (ANNE CHÉPEAU / FRANCE-INFO)

Sous les plafonds, les températures pouvaient atteindre 45 degrés l’été. Les responsables du château de Versailles vont tirer les leçons de ce chantier, car ce n’est qu’un début. Pour Frédéric Didier, architecte en chef des monuments historiques, c’est l’ensemble du château qui doit être mis en sécurité. "C'est une problématique qui est à l'échelle de l'ensemble du château et en particulier dans le corps central. Nous avons la même chose au nord dans l'appartement du roi", explique-t-il.

C'est tout le château qui doit progressivement voir ses installations remises aux normes, et en particulier, avec une sécurisation maximale contre l'incendieFrédéric Didier à franceinfo

Il va falloir maintenant financer ces nouveaux travaux. L’incendie de la cathédrale Notre-Dame va-t-il servir d’électrochoc et inviter les pouvoirs publics à mieux financer l’entretien du patrimoine ? La réponse devrait être connue dans les prochains mois.