Grotte de Tautavel : des experts identifient un bout d'ossement rare vieux de 450 000 ans

Selon l'archéologue, ce genre de découverte est rarissime "notamment parce que les hommes ayant vécu il y a plus de 100 000 ans n'enterraient pas leurs morts". L'origine humaine de ce fragment a été validée après quelque dix-huit années d'analyses minutieuses.

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France Télévisions Rédaction Culture
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Dans la main du paléontologue Tony Chevalier, le fragment d'os rarissime identifié comme étant d'origine humaine, découvert il y a 18 ans dans la grotte de Tautavel (RAYMOND ROIG / AFP)

Le bout d'ossement, considéré comme "très rare", datant de 450.000 ans, a été trouvé dans la célèbre grotte de Tautavel, site préhistorique majeur localisé dans les Pyrénées-Orientales. Il a été identifié comme appartenant à un être humain, a-t-on appris mercredi auprès du centre de recherche du site.

Il s'agit d'un bout de péroné d'un peu moins de six centimètres de longueur, trouvé il y a 18 ans, a précisé à l'AFP l'archéologue Christian Perrenoud, responsable des recherches sur ce site fouillé de manière systématique depuis 1964. Selon lui, "il est très rare de trouver des ossements humains de cette époque, notamment parce que les hommes ayant vécu il y a plus de 100.000 ans n'enterraient pas leurs morts".

"On fait très attention avant d'affirmer que ça vient de l'homme et pas d'un animal"

En outre, il est difficile de savoir si un bout aussi petit que ce morceau de péroné appartient à un être humain. "Quand vous avez un morceau qui fait 40 centimètres, vous allez tout de suite vous dire" qu'il a probablement appartenu à un humain. "Mais quand vous avez un petit morceau qui fait quelques centimètres, sachant qu'il y a 122 espèces fossiles décrites dans la grotte, on fait très attention avant d'affirmer que ça vient de l'homme", souligne Christian Perrenoud. C'est une des raisons pour lesquelles "on a mis 18 ans" à l'identifier : "Il faut le vérifier, bien voir que ça vient de l'homme et pas d'un autre animal".

Cette vérification se fait notamment par différentes comparaisons avec le squelette de l'homme actuel, qui ressemble encore malgré tout à ses lointains ancêtres, mais aussi avec d'autres ossements déjà identifiés comme étant humains. "En l'occurrence, il s'agit d'un fragment de péroné. On en a d'autres dans le site avec lesquels on a pu le comparer. On a même un autre morceau qui pourrait appartenir au même individu", a-t-il précisé.

Les recherches d'ADN impossibles pour des fossiles aussi anciens

En revanche, aucune recherche d'ADN n'est possible sur des fossiles si anciens. "Nous ne sommes pas encore capables d'aller au-delà de 80.000 ans maximum avec l'ADN, même s'il y a des exemples en Espagne où l'on a réussi à aller un peu plus loin", a-t-il ajouté.

La Caune de l'Arago, ou grotte de Tautavel, à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Perpignan, a déjà livré un très grand nombre de fossiles qui ont permis de reconstituer l'évolution des faunes, des flores, des paysages et des climats méditerranéens d'il y a 100.000 à 700.000 ans.

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