Des découvertes archéologiques font reculer de 15 000 ans l'arrivée des premiers hommes sur le continent américain

Des archéologues ont mis au jour des centaines d'outils en pierre taillée dans une grotte située dans le nord du Mexique. Ils révèlent l'existence d'une industrie lithique remontant jusqu'à 33 000 ans avant notre ère.

Les plus anciens spécimens retrouvés dans la grotte de Chiquihuite, dans le nord du Mexique, ont été datés sur une fourchette comprise entre 33 000 et 31 000 ans avant notre ère (image d\'illustration).
Les plus anciens spécimens retrouvés dans la grotte de Chiquihuite, dans le nord du Mexique, ont été datés sur une fourchette comprise entre 33 000 et 31 000 ans avant notre ère (image d'illustration). (LELIASPB / MOMENT RF / GETTY IMAGES)

C'est un chamboulement pour le monde de l'archéologie. Remontant en réalité à 30 000 ans, le peuplement de l'Amérique du Nord, dernier continent à avoir été occupé par l'homme, serait deux fois plus ancien qu'estimé jusqu'ici, révèlent mercredi 22 juillet deux études.

En fouillant la grotte de Chiquihuite, dans le nord du Mexique, des archéologues ont mis au jour des centaines d'outils en pierre taillée révélant une industrie lithique encore méconnue, remontant jusqu'à 33 000 ans avant notre ère. Ils prouvent en outre que ce site, perché en altitude, fut occupé pendant 20 000 ans, selon deux études publiées dans la revue Nature (articles en anglais).

Les plus anciens spécimens ont été datés au radiocarbone (ou carbone 14) sur une fourchette comprise entre 33 000 et 31 000 ans avant notre ère. "Ils sont peu nombreux, mais ils sont bien là", a commenté Ciprian Ardelean, auteur principal de l'une des deux études.

Polémiques à venir chez les chercheurs

Les origines de l'arrivée d'homo sapiens en Amérique sont âprement débattues chez les anthropologues et archéologues. Pendant des décennies, la thèse la plus communément acceptée a été celle d'un peuplement provenant de Sibérie orientale, qui aurait franchi un pont terrestre (l'actuel détroit de Béring) pour débarquer en Alaska, puis se répandre plus au sud.

Ce modèle est toutefois remis en cause depuis 20 ans, avec de nouvelles découvertes qui ont reculé l'âge des premiers peuplements. Mais seulement jusqu'à 16 000 ans pour l'heure.

Les résultats de ces recherches risquent donc d'être vivement contestés. "Cela arrive dès que quelqu'un trouve des sites plus vieux que 16 000 ans : la première réaction est soit le déni, soit une forte approbation", selon Ciprian Ardelean, qui a commencé à fouiller la grotte en 2012.

De nombreuses questions restent en suspens, notamment celle des routes empruntées par les premiers arrivants, soit par le détroit de Béring ou, comme le suggèrent de récentes découvertes, le long de la côte pacifique, à pied ou par de petites embarcations.