"Beaucoup de robotique sur le pont" : la France se dote d'un nouveau navire archéologique suréquipé

Le département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines met à l'eau mercredi 27 janvier son nouveau bateau de recherches archéologiques. Un grand navire fabriqué avec des matériaux innovants et chargé de nouvelles technologies.

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édité par Cyrille Ardaud - Olivier Emond
Radio France
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Temps de lecture : 1 min.
Le bateau André Malraux, un autre navire de la DRASSM. (GERARD JULIEN / AFP)

"Il y a beaucoup de tension ici, je pense que tout le monde se sentira libéré quand tout sera sur l'eau." Moment de stress pour toutes les équipes qui travaillent depuis des mois sur le chantier du navire Alfred Merlin, du nom d'un archéologue français qui fut le premier à mener d'importantes fouilles sous-marines, au début du XXe siècle en Tunisie.

Le département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (DRASSM), un service du ministère de la Culture unanimement reconnu à travers le monde met à l'eau, mercredi 27 janvier à la Ciotat, son troisième bateau en dix ans. Un navire de 46 mètres de long, le plus grand de la flotte, qui va arpenter toutes les mers françaises.

"La France est le deuxième propriétaire d'espaces maritimes du monde"

Mais ce nouveau bateau n'est pas simplement plus gros que les autres. Il est aussi technologiquement innovant, ce qui permettra aux scientifiques de mener des campagnes d'exploration de grande ampleur. "Sa vocation c'est l'inventaire, l'étude et la protection du patrimoine immergé des eaux sous juridiction française, explique le patron du DRASSM, Michel L'Hour. Vous savez que la France est le deuxième propriétaire d'espaces maritimes du monde : 11 millions de kilomètres carrés. Nous sommes à la tête de l'un des plus larges patrimoines imergés du monde. L'Alfred Merlin sera en charge des patrimoines lointains et des patrimoines complexes à grande profondeur où il faut beaucoup de robotique sur le pont."

Un bateau constitué de matériaux inovants

Ces robots sous-marins sont notamment capables de descendre à très grande profondeur. C'est par exemple le cas du robot Arthur, qui ira visiter en douceur des zones de fouilles jusqu’à 2500 mètres de fond. Mais l'Alfred Merlin est aussi innovant de par les matériaux qui le constituent. Edouard Waldura est chef de projet au chantier Xblue de la Ciotat : "On travaille beaucoup sur l'allégement des bateaux et les émissions de CO₂. Nous utilisons des matériaux composites qui nous font économiser 60% du poids par rapport à l'acier. Et il y aussi toute la question de la corrosion du navire, que l'on n'a pas avec des matériaux composites."

Il faudra encore quelques semaines de travaux à bord pour que le navire soit opérationnel et prêt à partir en campagne.   

Un bateau innovant pour les recherches archéologiques marines de la France : reportage d'Olivier Emond
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