Archéologie : Falerii Novi, une ancienne cité romaine cartographiée uniquement grâce à des radars

C'est une première : une cité romaine dans son ensemble cartographiée avec précision exclusivement grâce à un radar. La technologie GPR s'avère d'un grand soutien au travail des archéologues.

Détail des contours de la cité romaine de Falerii Novi, près de Rome : carte réalisée grâce aux radars GPR (Ground Penetrating Radars) utilisés par les archéologues des universités de Cambridge et de Gand. 
Détail des contours de la cité romaine de Falerii Novi, près de Rome : carte réalisée grâce aux radars GPR (Ground Penetrating Radars) utilisés par les archéologues des universités de Cambridge et de Gand.  (HANDOUT / UNIVERSITY OF CAMBRIDGE)

Des bains, un marché, un temple et même un important réseau de canalisations d'eau... Pour la première fois, des chercheurs ont cartographié avec précision une ancienne cité romaine sans déplacer la moindre pierre.

Radar à pénétration du sol (GPR)

Pour y parvenir, une équipe regroupant des scientifiques de l'université de Cambridge (Grand-Bretagne) et de Gand (Belgique), a utilisé un radar à pénétration de sol (GPR) pour sonder les profondeurs des 30,5 hectares de Falerii Novi, y débusquant des détails enfouis. "C'est la première fois que cette technologie est utilisée pour cartographier une ville entière", a déclaré à l'AFP Martin Millett de l'Université de Cambridge, coauteur de l'étude publiée le 9 juin dans Antiquity.

Située dans le Latium, à une cinquantaine de kilomètres de Rome, la cité romaine a été occupée pour la première fois vers 240 avant J.-C. et l'est restée jusqu'à 700 ans après J.-C. Depuis les années 1990, elle a déjà fait l'objet de fouilles et d'études. Mais le GPR permet aux chercheurs de sonder différentes profondeurs et notamment de voir comment la ville a évolué au cours des siècles.

Architecture élaborée

Selon les données obtenues par les chercheurs, "le plan de Falerii Novi s'avère bien moins standardisé que celui de nombreuses autres villes romaines, comme par exemple Pompéi", rapporte un communiqué de l'université de Cambridge. Et "le temple, l'édifice du marché et le complexe thermal, découverts lors de ces recherches sont architecturalement plus élaborés que ce à quoi on pourrait s'attendre pour une petite ville".

Détail des contours de la cité romaine de Falerii Novi, près de Rome : carte réalisée grâce aux radars GPR (Ground Penetrating Radars) utilisés par les archéologues des universités de Cambridge et de Gand. 
Détail des contours de la cité romaine de Falerii Novi, près de Rome : carte réalisée grâce aux radars GPR (Ground Penetrating Radars) utilisés par les archéologues des universités de Cambridge et de Gand.  (HANDOUT / UNIVERSITY OF CAMBRIDGE)

Selon les chercheurs ce plan particulier pourrait tenir au fait qu'en des temps moins stables politiquement, les Romains tendaient à se retrancher dans des sites plus protégés, comme c'est le cas pour la ville de Civita Castellana, près de Viterbe, également dans le Latium. En temps de paix, la citéde Falerii Novi restait d'un accès facile étant située au centre d'une plaine.

Un outil qui peut transformer le travail des archéologues

Les chercheurs ont également découvert une surprenante série de conduites d'eau. Les tuyaux traversent une grande partie de Falerii Novi, passant même sous les pâtés de maisons et non pas seulement le long des rues, comme c'est plus souvent le cas. "Le niveau de détail étonnant que nous avons atteint à Falerii Novi, et les caractéristiques surprenantes que le GPR a révélées, suggèrent que ce type d'étude pourrait transformer la façon dont les archéologues enquêtent sur les sites urbains", note Martin Millett. Mais le travail n'en reste pas moins de longue haleine : décortiquer l'énorme quantité de données accumulées par le GPR peut prendre plusieurs mois.

Martin Millett est optimiste quant l'usage de cette technologie : "Aujourd'hui on peut imaginer pouvoir utiliser ce géoradar pour enquêter sur la structure d'autres cités, comme le site de Milet en Turquie ou Cyrène en Libye. Nous avons encore beaucoup à apprendre sur la vie des Romains dans les villes et cette technologie nous ouvre des opportnités inédites", a-t-il ajouté.