Le festival des Vieilles Charrues menace de quitter Carhaix

"Aujourd'hui, le festival est organisé sur 85 hectares mais nous signons une convention chaque année avec la mairie et chaque année, on nous pique des petits bouts de terrain", a expliqué le président de l'association qui gère cet événement culturel estival. 

Les spectateurs du festival Les Vieilles Charrues à Carhaix (Finistère), le 21 juillet 2019. 
Les spectateurs du festival Les Vieilles Charrues à Carhaix (Finistère), le 21 juillet 2019.  (LOIC VENANCE / AFP)

La fin d'une époque pour l'un des plus grands rassemblements musicaux de France ? Le festival des Vieilles Charrues, a annoncé vendredi 10 janvier qu'il étudiait "la possibilité d'aller ailleurs" qu'à Carhaix (Finistère), petite ville du Centre-Bretagne qui l'accueille depuis les années 90.

"Si l'on peut trouver 100 hectares en Bretagne, on étudiera la possibilité d'aller ailleurs", a déclaré à l'AFP Jean-Luc Martin, président de l'association des Vieilles Charrues, confirmant une information du quotidien régional Le Télégramme.

Aujourd'hui, le festival est organisé sur 85 hectares mais nous signons une convention chaque année avec la mairie et chaque année, on nous pique des petits bouts de terrain.Jean-Luc Martin à l'AFP

"Un jour viendra où on ne pourra plus organiser le festival car nous accueillons 80 000 personnes chaque jour sur le site. Nous voulons avoir la certitude de pouvoir pérenniser l'utilisation du terrain pour les dix ans à venir", a-t-il ajouté.

"On vit ça comme une injustice" 

Des négociations ont eu lieu avec la mairie de Carhaix, qui a proposé la création d'une société d'économie mixte (SEM) pour la gestion du parc de Kerampuilh, site du festival, car "c'est un endroit qui sert à plein d'associations", selon le maire Christian Troadec.

Une proposition qui "sur le principe nous convient", a indiqué Jean-Luc Martin. Mais le conseil d'administration des Vieilles Charrues "s'est prononcé contre le protocole d'accord proposé par la mairie parce qu'il ne nous convenait pas. Il n'y avait nulle trace de la possibilité de construire sur les terrains", a-t-il indiqué.

Pour Christian Troadec, "il y a toujours une négociation possible". "Ils n'ont aucune raison de se plaindre, on vit ça comme une injustice", a-t-il ajouté. Et "généralement, personne n'apprécie le chantage comme arme de négociation en pleine campagne électorale", a prévenu le maire, par ailleurs cofondateur du festival.