Un concert hommage au compositeur Olivier Messiaen à 2 400 mètres d'altitude, au glacier de la Meije

Dans le cadre du festival Messiaen au pays de la Meije, un orchestre a joué une œuvre phare du célèbre compositeur de musique contemporaine dans un paysage à couper le souffle en plein cœur des Alpes. Avant d'être surpris par la météo.

Article rédigé par
Faustine Mazereeuw - franceinfo Culture
France Télévisions Rédaction Culture
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Un cadre inhabituel mais splendide pour un concert de musique contemporaine. (France 3 Alpes)

Des montagnes majestueuses aux sommets enneigés dans un écrin de nature préservé. C'est dans ce superbe décor du glacier de la Meije, à la frontière de l'Isère et des Hautes-Alpes, qu'ont joué les musiciens du festival Messiaen le 31 juillet. Une destination où l'on imagine plus volontiers des randonneurs qu'un orchestre de musique contemporaine. Pour arriver à destination, les artistes et le public ont dû monter 2 400 mètres - en téléphérique, tout de même.

Au glacier de la Meije, un concert hommage au compositeur Olivier Messiaen à 2400 mètres d'altitude

Le glacier de la Meije, une source d'inspiration pour Messiaen

Mais au-delà de créer une expérience hors du commun, le choix du lieu ne relève en rien du hasard. L'œuvre jouée est celle du compositeur Olivier Messiaen, passionné et inspiré par ce genre de paysage. Et exspecto resurrectionem mortuorum a été créé en 1965 : la composition avait été commandée par André Malraux pour rendre hommage aux morts des deux guerres mondiales. Olivier Messiaen avait alors imaginé une œuvre entre ciel et terre, entre l'abîme des vivants et le monde des morts. “Il y a soit des oiseaux, soit la nature, soit la religion dans l'œuvre d'Olivier Messiaen. Il pensait à ce glacier comme une immense cathédrale qui pouvait donner des couleurs magnifiques à la musique. L’idée c’était de réaliser ce rêve en venant ici, à 2 400 mètres”, explique le directeur artistique du festival Bruno Messina. Le glacier de Meije faisait partie des lieux chers au compositeur où il aimait se réfugier.

Une météo venue jouer les trouble-fête

Mais qui dit montagne dit aussi météo imprévisible et même, dans le cas présent, déchaînement des éléments... Musiciens et public se sont fait prendre de court par la brume et une violente pluie. Un temps qui n'a pas eu l'air d'entamer l'enthousiasme des spectateurs. “Il faut aimer la montagne, il ne faut pas craindre la pluie”, s’est amusé l’un d’eux. “On est bien, on a entendu de la bonne musique”, a déclaré un couple, tout sourires sous leur parapluie.

Le chef d'orchestre Maxime Pascal, lui, a décidé de prendre la perturbation avec philosophie. Un peu comme si c'était la montagne, la seule véritable maîtresse de la partition. “L’année dernière on n’a pas pu jouer à cause de l’épidémie de Covid, cette année on est sur le point de ne pas pouvoir finir à cause de la pluie... Je pense que le signal c’est qu’il faut être à l’écoute de la nature et écouter ce qu’elle a à nous raconter”, a-t-il conclu. Une histoire qui finit bien puisque les musiciens ont tout de même reçu un tonnerre d'applaudissements dans la gare du téléphérique, au sec cette fois.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Musique

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.