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Samedi soir aux Transmusicales 2011

Sur scène: un mime, des enfants, un rappeur de Joannesbourgh, un DJ lyonnais
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
 (Marion Bernard Radio France)

On trouve de tout aux Trans, même des mimes, comme chez Epic
Rain
. Cet islandais d’origine libanaise, sans doute par gout du mélange,
déclame ses textes comme un poète existentialiste sur des beats sombres qui
façonnent les ambiances : fête foraine triste, pluie, bôite à musique... Le
garçon est accompagné sur scène d’un DJ, et d’une autre présence intrigante
avec qui il partage le micro: un mime à chapeau melon qui aurait piqué son sourire
au Joker de Batman, et qui déambule sur scène, cartes à jouer ou paillettes à
portée de main, pour en arroser le public. Avec ses airs de conteurs de
cabaret, Epic Rain mène son petit théâtre inquiétant à la manière d’un Monsieur
Loyal de freak show, à la gestuelle gracieuse, mais au flow définitif .

Chez les Carbon Airways, c’est, en revanche, beaucoup moins
bien peigné. Le défouloir électro est le credo du groupe « mascotte »
de ces Trans2011, composé de deux ados frère et soeur de 14 et 15 ans,
Enguérand et Eleonore. Chez eux à Besançon, ils ont commencé à se produire dans
des bars, ou sur quelques scènes. Si bien que la préfecture du Jura (où se
trouve l’association de DJ qui coache les deux ados) garde un œil sur leur notoriété
grandissante. Sur scène, le rendu est étrange,  mélange de Jordy et de Prodigy joué à plein volume. En dehors de la chorégraphie capillaire (headbanging
permanent de cinquante minutes + footing sur tout le plateau), du yaourth coté
paroles et des pauses étudiées (on enlève le tee-shirt comme les rockstars sous
les sunlights, et on clique sur l’ordi avec de grands effets de manches), une
évidence: ce son qui « tabasse » est tout bonnement surnaturel chez
des musiciens aussi jeunes. D’ailleurs ma voisine de gauche résume l’affaire :
«I ls font flipper, c’est presque lynchien ».

A comme Agoria

Considéré à juste titre comme l’héritier en droite ligne de
Laurent Garnier (mais encore peu connu du grand public), le lyonnais Sébastien
Devaud est devenu cette année la « locomotive » d’un festival qui met
un point d’honneur à ne pas amasser des têtes d’affiches. Son set élégant et
maitrisé tombe à pic pour défouler le festivalier breton qui s’échauffe, à en
voir la foule vrombissante qui joue des coudes dans ce hangar du Parc Expo, quitte à
renverser un peu sa bière sur le voisin (« ça tâche pas », meugle
généralement l’impudent dans les oreilles de la victime). Pendant ce temps là,
Agoria sort le grand jeu, revisite toute la musique électronique depuis trente ans,
remix de S-EXPRESS inclus, et personne ne résiste (sauf le jeune homme endormi
sur le gradin tout proche, et qui se bave sur le tee-shirt, tanpis pour lui).

 Johannesburg dans ta face

 Spoek Mathambo
restera comme l’une des plus agréables apparitions du cru 2011 des
Transmusicales. Le sud-africain est le résultat d’une équation complexe: (look
de fluokid + flow de rappeur énervé + héritage zulu de Soweto) + savoir-faire
indierock. Découragé par l’impasse musicale de son pays, Spoek ( qui a
démarré sous le nom de Post-Apartheid Post Hip-Hop Posterboy ) s’est exilé en Suède, à
Malmö, et y peaufine ses titres d’afro-tech du futur. Sa reprise de « She’s
lost control 
» de Joy Division est un bon résumé de la « Spoek’s
Touch ». Glacial, futuriste, excitant.

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