Le rappeur Gringe, l'Enfant Lune qui vise les étoiles, part à l'assaut des festivals

Huit mois après la sortie de son premier album solo, rencontre avec le rappeur qui fut longtemps le partenaire d'OrelSan et qui s'apprête à partir en solo à l'assaut des festivals d'été.

Le rappeur Gringe en mars 2019. 
Le rappeur Gringe en mars 2019.  (JEAN-CLAUDE AZRIA / MAXPPP)

Guillaume Tranchant, alias Gringe, cultive une image de "branleur magnifique", à l'instar de celui qui fut pendant longtemps son "sidekick" au sein du groupe Les Casseurs Flowteurs, OrelSan. Mais derrière cette façade nihiliste et flemmarde qu'il nous a montrée dans la web-série Bloqués, Gringe est un hyperactif qui perd le nord lorsqu'il est inactif. Lancé dans le cinéma en tant qu'acteur depuis 2015, il aligne un palmarès de cinq films en quatre ans. Et cet été, pas question de rester les bras croisés, Gringe est attendu dans 17 festivals et concerts, travaille sur de nouveaux morceaux, étudie deux projets de long-métrages à la rentrée et peut-être même un livre!

Son premier opus solo, Enfant Lune

Après trois albums avec OrelSan, il a produit son premier opus solo en novembre 2018, Enfant Lune. Un album plein d'introspection et de regards en arrière. "C'est un album qui représente une bonne partie de ma vie derrière moi, mes années adolescentes et insouciantes, la vie entre potes, des épisodes de ma vie très personnels", explique-t-il, "c'est un espèce de patchwork, une sorte d'assemblage de différents épisodes marquants".

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Une manière pour lui de "tourner une page sans nostalgie", avec un album dans lequel il aborde aussi bien la maladie de son frère (Scanner), atteint de schizophrénie depuis une surdose de drogues de synthèse, le départ de son père qui a suivi cet épisode (Pièces Détachées), son rapport avec les femmes (Pour la Nuit) et ses épisodes de dépression (Paradis Noir).

Virage intimiste

"Faire un album solo, ça m'a permis de faire l'introspection que je pouvais beaucoup moins faire en groupe avec Orel. Avec les Casseurs Flowteurs, on était beaucoup plus dans le fun et la déconnade, l'Enfant Lune a été une manière pour moi de décoffrer et de me lâcher sur ces sujets plus sensibles". Un changement qui, selon lui, n'a pas été sans conséquences : "j'ai eu peur, au début, de perdre une partie de mon public avec ce virage très intimiste". Une peur qui a très vite disparu lors des premiers concerts à guichets fermés et avec la réception pour le moins chaleureuse de cette première expérience solo.

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Le rappeur confie même avoir constaté un certain roulement dans l'âge de son public. "Il y a la "fanbase" jeune entre 15 et 25 ans qui remplit la fosse à chaque concert, mais il y a aussi les "nouveaux", plus en retrait, un peu plus agés, qui viennent par curiosité ou parce qu'ils apprécient ce nouveaux style de textes".

Textes à messages

Certains l'approchent pour le message qu'il porte dans certains de ses morceaux, notamment Scanner, titre dont il dit être le plus fier, et qui aborde la délicate question de la maladie mentale. Scanner qui lui a valu d'être invité le 12 juin dernier à la soirée Psychodon à l'Olympia, organisée pour financer la lutte contre les maladies psychiques, un sujet auquel il affirme accorder de plus en plus d'importance.

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Cet été sera le baptême du feu pour son album, qu'il a dû adapter à la scène non sans certaines difficultés. Il faut dire que, contrairement aux Casseurs Flowteurs dont les morceaux, souvent très énergiques, se prêtaient plutôt bien au show, le côté sombre et bien plus lent d'Enfant Lune a demandé une bonne dose d'adaptation.

Adaptation à la scène

"C'est là qu'est intervenu DJ Pone (un poids lourd de la scène rap, connu pour ses collaborations avec des groupes comme la Scred Connection), qui a adoré l'album et m'a aidé à le transposer à la scène". DJ Pone lui présentera Jérémie Lippmann, comédien et scénographe qui déjà avait mis en scène des concerts de NTM, et qui l'a aidé à construire son spectacle.

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"C'est un mec qui a une approche assez iconoclaste de la scène et donc hyper-intéressante, il m'a mis en contact avec un groupe qui s'appelle "Les philosophes de la LED" et qui synchronise la musique à des lampes LED sur scène. On avait donc quelque chose qui a pris forme et qui s'est bien adapté aux morceaux". Il ajoute : "Pour les salles, ça a été assez facile de l'adapter, ce sont des environnements fermés, où les gens me connaissent bien et où je peux les embarquer dans mon univers".

Mais pour lui le vrai challenge est un autre : les festivals, "beaucoup plus ouverts, avec un public qui ne me connaît pas forcément", avoue-t-il. Conclusion : "il faut être beaucoup plus dynamique"

Toutes les dates de la tournée de Gringe sont à retrouver ici