L'Exposition Hip Hop à l'Institut du Monde Arabe en 20 images

L'exposition "Hip-Hop du Bronx aux rues arabes" se poursuit jusqu'au 26 juillet à l'IMA, où une Block Party est prévue en clôture. Orchestrée par Akhenaton d'IAM, cette rétrospective brosse le portrait d'une culture née dans les rues déshéritées du Bronx qui a su traverser trois décennies sans perdre sa sève. Son secret ? La réinvention permanente sous tous les cieux. Visite guidée en 20 images.

Vincent Bousserez - Courtesy de la Galerie Sisso
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Cet homme a eu un rôle moteur dans l'architecture et le déploiement du mouvement hip-hop à New York puis dans le monde, et en particulier en France. Leader dans les années 70 des Black Spades, un gang du Bronx, Afrika Bambaataa devient pacifiste et lance d'abord en tant que dj des "block parties" (fêtes de rue) pour occuper les jeunes de son quartier laissé à l'abandon et gangrené par la violence. Il fonde ensuite la Zulu Nation dont l'objectif est de transformer l'aspect belliqueux des gangs en énergie positive et établit ce faisant les tables de la loi du hip-hop. Son mouvement réunit sous une même bannière quatre disciplines avec des dj's, des mc, des danseurs et des graffeurs. Au début des années 80, Afrika Bambaataa crée une branche française de la Zulu Nation qui va rapidement prospérer : moins d'une décennie plus tard,  elle est la branche la plus importante du mouvement après celle du Bronx. Laura Levine
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Afrika Bambaataa a établi les lois de la Zulu Nation, qui fait du hip-hop un mouvement positif tout autant qu'une philosophie, et certains diront presque une religion. Dans ce bréviaire il est stipulé notamment que ""La Zulu Nation n'est pas un gang, c'est une organisation d'individus à la recherche de succès, de paix, de sagesse, de connaissance, de compréhension et de bon comportement dans la vie." Il est dit que "Les Zulus doivent chercher des moyens positifs pour survivre dans la société" et "être civilisés". "Les Zulus ne peuvent pas être membres d'organisations dont les fondements sont basés sur des actions négatives". "Les Zulus doivent être en paix avec eux-mêmes et les autres (…) ils ne doivent pas impliquer leur nom au crime ou à la violence." Enfin, on remarque que "Les Zulus doivent se saluer chaque fois qu'ils se rencontrent ou qu'ils se quittent, n'importe où sur cette planète". Peace out.Laure Narlian/Culturebox
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Si le premier Ghetto Blaster, dit aussi "Boombox", est développé par Philips dès 1969, il faut attendre 1980 et l'arrivée du fameux JVC, surnommé "El Diablo" par la communauté portoricaine de New York, pour le voir adopté. Du gros son, de la chaleur et des basses : c'est l'objet musical nomade idéal pour le hip-hop. Il va permettre en particulier  l'avènement et la popularisation de la break-dance, les premiers danseurs acrobatiques faisant leurs démonstrations dans les rues de Manhattan équipés de cette énorme radio portable à cassettes. Pour Gac Original, 15 artistes ont été invités à redécorer une collection d'une cinquantaine de boombox, qui accueillent le visiteur à l'exposition de l'IMA.  Ici, Thia One, «EL DIABLO» JVC RC 550 - 1980, 2011, 49 x 37 cm, Mixte Collection Gac Original. Gac Original
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Le vinyl est le support privilégié du travail des Dj's et des beatmakers, leur nourriture première. Les premiers dj's hip hop sont allés rechercher dans la soul, le blues, le funk et le jazz les éléments de leurs compositions. Les disques de James Brown et de George Clinton ont ainsi été pillés dans les grandes largeurs. Mais le hip-hop peut s'accomoder de toutes les musiques. La richesse d'une collection personnelle et la curiosité des artistes, qui recherchent des disques rares dans tous les styles, y compris rock, pop ou folklorique, ainsi que des extraits insolites parfois même hors du champ de la musique (cours de langues, publicités, extraits de dialogues de films, de discours ou d'émissions télévisées) vont bientôt faire toute la différence. Laure Narlian/Culturebox
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Au milieu des années 80, les musiciens se ruent sur l'Atari ST avec notamment l'arrivée du séquenceur Pro 24 de Steinberg. Avec son interface MIDI intégrée, l'Atari ST permet alors à tout un chacun de construire facilement un home studio. Il est dorénavant possible de relier un ou plusieurs instruments électroniques compatibles : synthétiseur, sampleur, boîte à rythmes… N'importe quel musicien peut dès lors répéter chez lui, réaliser des maquettes ou même enregistrer un album complet sans passer par un studio donc à peu de frais. Une révolution.Laure Narlian/Culturebox
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Vers 1985-86, la Maison Hantée, sur le Cours Julien à Marseille, est un lieu plutôt rock qui commence à ouvrir sa scène aux chanteurs de ragga et aux rappeurs. Parmi eux, le premier embryon d'IAM (qui s'appelait alors Lively Crew). L'acte de naissance du groupe est la sortie de la cassette "Concept" en 1990, avant le premier album d'IAM "…De la planète Mars",  enregistré un an plus tard. Une cassette enregistrée en une semaine dans la pièce à chauffe-eau de l'appartement d'Akhenaton. Ce dernier est le directeur artistique de l'exposition à l'IMA.Jean-Pierre Maéro
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Les manuscrit originaux de chansons sont toujours particulièrement émouvants. Celui-ci ne déroge pas à la règle, avec ses ratures et son papier de cahier Exacompta. "Je danse le Mia" est un tube d'IAM paru sur l'album "Ombre est Lumière", sorti en octobre 1993.Collection Akhenaton / Photo Laure Narlian
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La performance Live capturée sur ce vinyle est l'une des batailles de mc les plus légendaires de l'histoire du hip hop. Opposant les Cold Crush Brothers aux Fantastic Romantique Five, elle s'est tenue le 4 juillet 1981 au Word Harlem. Le spectacle est encore alors le principal vecteur du hip hop, les MC ne cherchant qu'une chose, électriser la foule. Cette battle est entrée dans l'histoire car elle a participé à la prise de conscience de la performance vocale qu'est le rap et en a fixé les codes. Les Fantastic Five sortirent gagnants de l'affrontement en remportant les suffrages du public. Depuis, les bras de fer verbaux entre mc's, de visu ou via les chansons, agitent régulièrement le mouvement et aident parfois à faire connaître des artistes.
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L'excellence et le beau geste sont deux valeurs cardinales du hip hop, qui valorise en outre le dépassement de soi. Les danseurs du mouvement ont le culte de la performance chevillé au corps et s'affrontent au cours de battles, généralement en groupes. Très physique, la breakdance est constituée de différentes figures acrobatiques au sol (toupies, coupoles) mais aussi de mouvements inspirés du mime, de la capoeira brésilienne et de nombreuses danses antérieures. Ses "inventeurs",  à la charnière des années 70 et 80, restent des stars inégalées : le Rock Steady Crew et les New York City Breakers. En France, la breakdance est popularisée par l'émission de télé "H.I.P H.O.P" animée par Sydney en 1984. La danse devient alors pour de nombreux jeunes la porte d'entrée privilégiée du hip hop. Plus tard, des passerelles avec la danse contemporaine ont permis aux break danseurs de fouler les scènes de théâtre.Yoshi Omori
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NYC Breakers / Photo Laure Narlian
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Comme la breakdance, le graffiti des débuts du hip hop est un art de la performance. Qu'il s'agisse d'Inscrire son nom pour se faire remarquer, ou d'un message subversif, humoristique ou même tendre ("bonne fête maman" sur les wagons du train qui passe sous ses fenêtres), le faire dans des lieux les plus difficiles d'accès est valorisé - comme ici dans les catacombes. Aux premiers jours du hip hop, le métro new yorkais est le terrain de jeu privilégié des graffeurs.  Oshi Omori
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Que sont les sneakers ? Des chaussures de sport détournées pour un usage citadin. Le hip hop va les hisser au rang de véritable accessoire de mode. Certaines, comme les Stan Smith, Puma Clyde, Jordan ou Air Max sont devenues mythiques. A l'IMA, la vitrine de 46 sneakers datant de 1985 à 1995 fait beaucoup parler les visiteurs. Lesquelles avez vous portées ? Et quels souvenirs vous évoquent-elles ? Dans le film culte de Spike Lee "Do The Right Thing", une paire de Air Jordan doit forcément rester immaculée...Laure Narlian/Culturebox
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Dans les années 1980 et 1990, de nombreux rappeurs américains s'inspirent des enseignements islamiques des Five percenters, une organisation créée à Harlem dans les années 60 par un ancien de la Nation of Islam. Parmi eux, mc Rakim Allah (de Eric B & Rakim), Big Daddy Kane, Poor Righteous Teachers, Brand Nubian et le Wu Tang Clan. D'autres, comme Public Enemy, A Tribe Called Quest, Ice Cube ou Mos Def, mêlent islam et luttes politiques dans leurs oeuvres. 
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Parti du Bronx aux Etats-Unis il y a plus de 30 ans, le hip hop a aujourd'hui essaimé sur toute la planète. Il a trouvé dans la rue arabe un terreau favorable et y a accompagné les récents soulèvements démocratiques. Le mouvement y trouve aussi une nouvelle jeunesse, renouant avec son aspect le plus contestataire, subversif et underground. Tout terrain, il s'est acclimaté à la culture arabe, qui lui injecte des extraits de poésie arabe classique et de samples de musiques traditionnelles. Né pour durer, le hip hop continue de s'enrichir et d'avancer.Abdo El Amir
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Pour refermer l'exposition "Hip Hop, du Bronx aux rues arabes", une Block Party est organisée sur le parvis de l'Institut du Monde Arabe le Dimanche 26 juillet à partir de 17h. Un évènement sur le modèle des fêtes de quartier qui ont vu le jour à la fin des années 70 dans le Bronx à New York (voir une vidéo des premières block party en 1979). Le concept est simple : une scène, un micro, une paire de platines et un plateau de pointures du rap international. Au programme : PUSHA T (USA), DISIZ (France), MALIKAH (Liban), NARCYSSIST (Irak, Canada) et VALD (France) ainsi que les dj sets de Manaré et Virgil Abloh. Première rétrospective en France entièrement consacrée à cette culture, l'exposition aura réuni plus de 40.000 visiteurs. Elle devrait être présentée à Rabat au printemps 2016. INSTITUT DU MONDE ARABE 1 rue des Fossés Saint Bernard 75006 Paris Tel 01 40 51 38 38Yoshi Omori