Vidéo Bilal Hassani sort "Contre-soirée", un deuxième album avec des textes engagés à ne pas "consommer très vite"

Avec son deuxième album, "Contre-soirée", Bilal Hassani explore la difficile acceptation de soi, le harcèlement scolaire, la santé mentale. Il se réjouit de "faire du bien à des gens". Pour lui, "c'est ça qui compte".

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Bilal Hassani en concert à Beauvais (Oise), le 13 février 2020 (EDMOND SADAKA / SIPA)

"Je ne fais pas de la musique fast-food", assure dans un entretien à l'AFP le chanteur Bilal Hassani, porte-drapeau revendiqué de la communauté LGBT, qui sort vendredi 6 novembre un second opus imaginé comme un opéra rock, en douze titres pop et dansants avec des textes engagés.

Festif avec ses tonalités pop, l'album Contre-soirée explore notamment la difficile acceptation de soi, thématique centrale dans la discographie de l'ex-représentant de la France à l'Eurovision, connu pour son amour des perruques et des vêtements féminins.

Comme dans la chanson Fais le vide, qu'il décrit comme "un hymne libérateur", où il appelle son public à "relever la tête" et "à ne pas se laisser tirer vers le bas". Ou la chanson Tom, qui dénonce le harcèlement scolaire.

Le chemin a été long

Car s'il est aujourd'hui "bien dans (s)a vie" et qu'il est parvenu à trouver son public, le chemin, pour ce jeune homme de 21 ans d'origine marocaine, a été long. Notamment à l'école où "sa différence" avait fait de lui une cible de moqueries. Un vécu qu'il distille dans ses textes.

"J'essaye de véhiculer quelque chose de profond car je pense que la musique pop peut et a besoin de véhiculer des idées fortes. C'est pour ça que je n'aborde pas seulement des sujets liés à l'amour ou au désir. C'est important de parler de santé mentale ou de harcèlement à l'école", assure-t-il. Des thématiques qui ont fait de lui un représentant de la communauté LGBT, parmi la jeune génération. "Je suis porte-drapeau, oui, mais le drapeau je l'ai dessiné, je l'ai peint, je l'assume. Et je suis avant tout maître de mon discours."

Un discours qu'il a su peaufiner en partie grâce à ses nombreuses apparitions publiques et médiatiques, sous le regard omniprésent de sa mère, qui est aussi son manager, et avec laquelle le chanteur entretient une "relation fusionnelle".

"Je ne veux pas que ma musique soit consommée très vite"

S'il ne veut pas être réduit à son identité queer et à celle d'"Arabe à perruque", il reconnaît toutefois que la représentation qu'il apporte à la scène musicale française, "fait du bien à des gens et c'est ça qui compte". Quant aux insultes et moqueries qui demeurent, notamment sur les réseaux sociaux, le chanteur, très présent sur Tik Tok (900 000 abonnés) et Instagram (598 000 abonnés), a pris le parti de s'en détacher, préférant mettre sa voix au service de combats "plus utiles".

Un peu plus d'un an et demi après la sortie de son premier album Kingdom, Contre-soirée s'impose comme un opus plus travaillé sur la forme. "Le premier, c'était l'aboutissement d'une vraie dizaine d'années de préparation à lancer ma carrière même s'il a été écrit en trois semaines, contre plus d'un an de travail pour celui-ci", reconnaît le jeune homme. Soigneusement léché avec l'utilisation de synthés ou de solos de guitare, l'album répond à une injonction fixée par le chanteur lui-même : faire de la musique qui aurait pu lui plaire il y a 10 ou 15 ans et qui pourrait encore lui plaire dans quelques années.

"Je ne fais pas de la musique fast-food. Je fais de la pop certes mais ce n'est pas de la musique 'McDo' dans le sens où je ne veux pas qu'elle soit consommée très vite et qu'on soit ensuite écoeuré", explique-t-il. 

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.