Accusations de pédophilie contre Michael Jackson : faut-il poursuivre sa société et ses employés ?

L'avocat de deux hommes disant avoir été victimes d'abus sexuels de la part de Michael Jackson lorsqu'ils étaient enfants, qui témoignent notamment dans le documentaire choc "Leaving Neverland", croit toujours à la possibilité d'un procès contre la société fondée par le chanteur.

Michael Jackson, mars 2009
Michael Jackson, mars 2009 (Carl DE SOUZA / AFP)
Vince Finaldi, avocat spécialisé dans les agressions sexuelles sur mineurs, défend Wade Robson, 41 ans, et James Safechuck, 36 ans, qui affirment avoir subi des actes pédophiles répétés de la part du "Roi de la pop", décédé en 2009.

Leurs témoignages sont au coeur du documentaire "Leaving Neverland", produit par la chaîne HBO, et diffusé en France jeudi 21 mars sur M6. Ils ont conduit certains médias à cesser de diffuser les oeuvres du chanteur. De leur côté, les héritiers de Michael Jackson réfutent ces accusations et ses exécuteurs testamentaires ont porté plainte contre HBO. MM. Robson et Safechuck ont tous deux entamé des poursuites au civil contre la société créée par Michael Jackson, mais les procédures ont été rejetées en 2017 et Vince Finaldi a fait appel de cette décision.

La société "fonctionne et continue à commercialiser sa musique et à faire de l'argent"

"Si nous obtenons gain de cause avec cet appel, alors l'affaire retournera devant un tribunal et la plainte initiale reprendra son cours", a expliqué l'avocat à l'AFP, qui attend une décision de la cour d'appel "soit à la fin de l'été, soit au début de l'automne". Ses clients "attendent une chose du procès : qu'un jury impartial détermine si Michael Jackson était bien un pédophile qui a abusé d'eux sexuellement pendant plusieurs années, et s'il a utilisé sa société pour faciliter ces abus sur de nombreux enfants dans le monde", résume l'avocat.

Michael Jackson est mort le 25 juin 2009 d'une surdose médicamenteuse, donc "nous ne pouvons plus le tenir pour responsable. Mais nous pouvons rejeter la responsabilité sur ce qu'il a laissé: cette société existe toujours, elle fonctionne et continue à commercialiser sa musique et à faire de l'argent", relève M. Finaldi. "C'est la société qui employait tous les gens qui l'entouraient, qui achetaient les billets d'avion pour les enfants, qui mettaient les enfants dans la même chambre d'hôtel que Michael Jackson, qui les séparaient des parents en envoyant ces derniers en voyage ou en les mettant à l'hôtel à des étages différents", accuse-t-il.

Tous ces employés, qui ne sont pas poursuivis à titre individuel, "auraient pu décrocher leur téléphone et appeler la police", ou "prévenir les parents" pour "protéger les enfants comme un adulte normal le ferait", déplore l'avocat.