"Pendez les Blancs" : le rappeur Nick Conrad condamné à 5 000 euros d'amende avec sursis

Le tribunal correctionnel l'a jugé coupable de provocation au crime. Dans le clip de cette chanson, on le voit notamment enfoncer un revolver dans la bouche d'un homme blanc, lui tirant dessus ou lui écrasant la tête sur un trottoir.

Le rappeur Nick Conrad, à Paris, le 9 janvier 2019.
Le rappeur Nick Conrad, à Paris, le 9 janvier 2019. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Le rappeur Nick Conrad a été condamné, mardi 19 mars, à une amende de 5 000 euros avec sursis pour le clip de la chanson Pendez les Blancs. Le tribunal correctionnel de Paris a jugé cet artiste de 35 ans coupable de provocation au crime. Dans le clip, on le voit notamment enfoncer un revolver dans la bouche d'un homme, lui tirant dessus ou lui écrasant la tête sur un trottoir.

La peine est conforme à ce qu'avait requis le parquet début janvier. Il devra payer 1 000 euros de dommages et intérêts à chacune des deux associations parties civiles, la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra) et l'Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l'identité française et chrétienne (Agrif).

"On va faire appel"

Nick Conrad, rappeur auto-produit, et totalement inconnu du grand public, avait été repérée par des personnes proches de l'extrême droite. Ils avaient vu dans son clip l'expression d'un "racisme anti-Blancs".  "Je suis déçu mais le combat va continuer", "on va faire appel", a réagi le rappeur à l'issue du jugement.

Lors de son procès, il avait défendu une œuvre revendicative, réaliste mais fictionnelle et truffée de références à des films comme American History X, qui explore les origines du racisme et de l'extrémisme aux Etats-Unis. Il s'agit d'une dénonciation du racisme à travers l'évocation "à l'envers" de l'esclavage, des lynchages subis par les Noirs, avait-il assuré. 

Le tribunal l'avait notamment questionné sur le discernement du public devant un clip si réaliste, et sur un passage de la chanson appelant à tuer "des bébés blancs (...) dans des crèches". "Je compte sur le fait que ce soit trop gros pour être vrai", avait répondu le rappeur, qui s'était également défendu de tout racisme envers les Blancs.