Laurent Voulzy, MC Solaar, Spotify ou Radio France... Près de 150 artistes et acteurs de la culture appellent à soutenir la scène française

Diffuser plus d'œuvres francophones et françaises pour assurer un avenir aux créateurs de notre pays : c'est ce que demandent 142 artistes et responsables de radios et de festivals dans un appel dans "lLe Journal du dimanche".

La Maison de la Radio, à Paris (8 mai 2020)
La Maison de la Radio, à Paris (8 mai 2020) (BENJAMIN GIRETTE / HANS LUCAS / AFP)

De nombreux artistes, radios et festivals appellent dimanche dans le JDD à la mobilisation générale pour soutenir la "scène française" de la musique, durement impactée par la crise sanitaire.

"Diffuser plus d'œuvres francophones et françaises, qu'il s'agisse de techno, d'électro, de chansons, de jazz, de musique contemporaine et de musique urbaine... sur les antennes et dans les programmations c'est assurer un avenir aux artistes de notre pays, leur assurer des revenus en droits d'auteur et leur permettre de toucher un public large et curieux", lancent près de 150 signataires de cette tribune publiée dans le JDD.

En font partie les artistes Anggun, Blankass, Brigitte, Barbara Carlotti, Alain Chamfort, Vladimir Cosma, Thomas Dutronc, Grand Corps Malade, Jean-Michel Jarre, Michel Jonasz, Maxime Le Forestier, Clara Luciani, MC Solaar ou Laurent Voulzy. Jean-Noël Tronc, directeur général de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) y est rejoint par les dirigeants de Radio France, Skyrock, Spotify, Deezer, des Nuits de Fourvière ou des Eurockéennes.

Double peine économique

"Cette situation implique une double peine économique", lancent les signataires. "Avec la disparition de l'important canal de diffusion de leurs oeuvres que sont les concerts, ils subissent une perte de revenus instantanée. Pour les artistes, les créateurs et éditeurs rémunérés grâce aux droits d'auteur, cette perte de revenus s'inscrit dans la durée."

"Parce que l'ensemble de nos créateurs et de nos musiciens sont fragilisés, c'est in fine notre diversité culturelle elle-même qui se trouve menacée", poursuivent-ils. "Chaque talent déstabilisé, chaque jeune espoir qui ne peut plus se lancer, est un risque d'appauvrissement concret et durable pour notre paysage musical. Il y a urgence à ce que nous donnions à tous ceux qui font rêver les moyens de continuer à vivre."

La Sacem a déjà enclenché un plan d'urgence de 43 millions d'euros (fonds de secours, avances exceptionnelles, hausse de l'aide aux éditeurs) pour ses sociétaires. Un site internet est dédié à cette initiative, ainsi qu'une page Facebook et un compte Instagram.