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Le rocker Hanni El Khatib joue avec le feu électronique sur son cinquième album, "Flight"

Le Californien connu pour ses déclinaisons amoureuses du rock'n'roll est de retour avec "Flight", un album audacieux construit comme un collage de musique électronique. 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Culture
Publié
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Le chanteur et musicien californien Hanni El Khatib au festival We Love Green, à Paris, le 30 mai 2015. (DAVID WOLFF - PATRICK / REDFERNS / GETTY IMAGES)

Tout au long de sa discographie entamée en 2011 avec l’impeccable Will The Guns Come Out, une déflagration de garage rock primitive qui comblait un peu le vide laissé par les White Stripes, Hanni El Khatib a soigneusement évité de rentrer dans des cases. Ce beau gosse californien tatoué, né en 1981 d’un père palestinien et d’une mère philippine, a exploré à sa manière les différentes facettes du rock et du blues et complexifié au fil du temps sa définition personnelle de l’Americana, cultivant un style à géométrie variable. 

Sortie de route et redémarrage de zéro

Parvenu à une sorte d’aboutissement sur ses deux derniers albums, Moonlight (2015) et Savage Times (2017), Hanni El Khatib a effectué depuis une petite sortie de route : tombé dans les affres de la boisson et de la dépression, il tourne le dos quelque temps à la musique. Venu de la culture skateboard, le faux bad boy qui a travaillé un temps pour une enseigne de street-wear (HUF), en profite pour créer avec succès une marque de skateboard, Metropolitan.

Lorsque l’envie de se remettre à jouer le démange à nouveau, il décide, pour aiguiser son inspiration, de troquer le confort d’un studio moderne pour un modeste laboratoire musical qui ressemble davantage aux conditions dans lesquelles il composait ses premiers morceaux.

Il s’y adonne alors à des expérimentations sonores sans entraves, un travail sur les samples qui va évoluer en un malaxage sonore croisant le rock et le blues avec la soul, le funk, mais aussi avec une pointe de hip-hop qu’il aime depuis toujours.

Collage foisonnant mêlant échantillons et parties jouées, ce télescopage où il ne s’interdit rien va donner lieu à Flight, son cinquième album, un disque qui rappelle parfois les bricolages réjouissants des premiers succès de Beck. On y retrouve surtout un peu de l’urgence qui nous avait tant captivée sur son premier album.

Réchappé d'un accident de voiture

L'album s'ouvre sur Carry, une petite giclée garage rock de moins de deux minutes hantée de notes d’orgue. Après le très bref Glassy, survient le groove sautillant d'Alive, le tube en puissance de l’album. "I Can’t Believe I survived / Spun around / Turned upside down / I’m Alive" ("Je ne peux pas croire que j’aie survécu / Retourné / Sens dessus dessous / Je suis vivant") proclame le refrain : une célébration de la vie qui tombe à pic en ces temps de pandémie.

Sauf qu’il s’agit en réalité d’une allusion à l’accident de voiture dont Hanni El Khatib a réchappé par miracle en avril 2019, et qui semble l’avoir poussé à terminer cet album. Le clip (ci-dessous), où, déguisé en Gros Minet (le partenaire de Titi) il tombe et roule sans fin dans des escaliers de pierre, donne une petite idée du traumatisme, loin de l'euphorie de surface de la chanson. 



Dans cet album à la production minimaliste, une poignée d’autres titres retient l’attention : le mordant ColorsStressy et son gros break de batterie, Leader et ses bizarreries orientales, le mélancolique How et l’inclassable Peace qui referme l’album. 

On se demande néanmoins ce qu’a voulu faire Hanni El Khatib avec ce disque aventureux mais déroutant qui gagne un point à chaque réécoute. Faire entrer de force tous les styles qu’il aime dans des chansons qui lui ressemblent ? Revenir aux fondamentaux et jouer comme un enfant ? Ou peut-être simplement renouer avec la musique et avec la vie après son accident ? Sans doute un peu des trois.

Flight de Hanni El Khatib (Innovative Leisure/Because) sort vendredi 15 mai 2020

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