Cinq ans sans David Bowie : concert-hommage, roman graphique, pièce en streaming… voici cinq façons de le célébrer ce week-end

L'icône rock a rejoint les étoiles le 10 janvier 2016. A sa mémoire, voici tout ce qu'on pourra voir, écouter ou lire autour de David Bowie ce week-end : concert-hommage de stars en streaming, roman graphique, diffusion de sa pièce-testament "Lazarus", édition d'un 45T inédit..."Wham bam thank you ma'am!"

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France Télévisions Rédaction Culture
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 8 min.
David Bowie avec un bandeau à l'oeil à une conférence de presse à Amsterdam (Pays-Bas), le 7 février 1974. (GIJSBERT HANEKROOT / REDFERNS / GETTY IMAGES)

Déjà cinq ans sans David Bowie, emporté par un cancer le 10 janvier 2016, deux jours après avoir fêté ses 69 ans. Ce vendredi 8 janvier 2021, il aurait eu 74 ans. D’abord, le plus simple à faire, s'il vous manque, est de réécouter sa musique, toujours aussi actuelle. Mais durant ce week-end un peu spécial, il sera célébré de différentes manières.

On pourra ainsi assister à un concert-hommage en streaming (payant) avec pléthore de stars et de musiciens ayant travaillé avec lui, découvrir un 45T inédit édité pour l'occasion, lire un magnifique roman graphique sur sa vie, voir en streaming (payant) la pièce Lazarus à laquelle il a consacré les dernières années de sa vie, et voir ou revoir sur Arte le dernier concert de légende qu'il donna en 1973 en tant que Ziggy Stardust.

David Bowie par le dessinateur Michael Allred, auteur de la biographie illustrée "Bowie". (MICHAEL ALLRED - EDITION HUGINN & MUNINN)

1Lire une superbe biographie illustrée de la vie de Bowie

Que vous connaissiez bien la vie de Bowie ou pas, cette biographie illustrée est un must. Extrêmement bien documentée, grâce aux recherches du co-scénariste Steve Horton, elle raconte avec une précision maniaque l’éclosion d’une star et l’avènement de l’avatar le plus persistant de David Jones, Ziggy Stardust. Ses amis, ses amours, ses influences, ses voyages, ses coups d’éclat, sont contés en peu de mots et avec de belles astuces scénaristiques. Au dessin, un monstre des comics américains, Michael Allred, (Madman, Silver Surfer, Red Rocket 7 etc), lauréat du prix Eisner, et grand admirateur de Bowie depuis l’enfance.

Le roman graphique débute par le concert d’adieu de Ziggy Stardust en 1973 et déploie ensuite l’histoire en mode flash back. La genèse de son succès, les rencontres déterminantes que furent son producteur Tony Visconti ou sa compagne Mary Barnett dite "Angie", et toutes les étapes de son ascension, sont contextualisées et mises en perspective avec le rappel de micro-évènements. L’ouvrage montre notamment comment toutes les influences digérées de Bowie, le film Orange Mécanique pour les tenues, les excès scéniques d’Iggy Pop pour l’outrance, les shows déments d’Alice Cooper pour la mise en scène, et le Velvet Underground pour le mordant rock, l’ont aidé à forger sa musique et son propre personnage.

Les astuces narratives, qui décollent du réel en utilisant l’imaginaire et la parabole, donnent à cet ouvrage les atours d’une rétrospective fantasmée. Alliées au graphisme somptueux, dont l’impact est décuplé par la splendide mise en couleurs de la coloriste Laura Allred (épouse du dessinateur), elles offrent une lecture captivante, à la lisière du rêve. "Vous tenez entre vos mains un concentré de délices créé par des fans qui sont aussi des artistes, à l’intention de fans qui sont aussi des rêveurs", écrit Nell Galman dans la préface. A lire avec le volume au maximum, comme le préconise Michael Allred. (Bowie de Michael Allred, édition Huginn & Muninn, 21,95 €)

Deux planches de "Bowie", le roman graphique de Michael Allred sur la vie de David Bowie. (EDITIONS HUGINN & MUNINN)

2Assister ce week-end au concert hommage "Just For One Day"

L’an dernier déjà, une belle brochette de musiciens ayant travaillé avec David Bowie avait effectué une petite tournée baptisée A Bowie Celebration, passée notamment par la Salle Pleyel en janvier. Cette année, le nombre de participants à ce concert hommage intitulé A Bowie Celebration : Just For One Day est hallucinant. Sauf que crise sanitaire oblige, on le suivra derrière un écran et en streaming payant ce week-end. Toujours à l’initiative de Mike Garson, le pianiste qui a accompagné Bowie de Aladdin Sane en 1973 jusqu’au Reality Tour de 2010, des dizaines et des dizaines d’artistes, dont beaucoup de musicien.ne.s ayant travaillé avec Bowie, mais aussi des amis et admirateurs du Thin White Duke, sont au programme. Durant trois heures, les musicien.ne.s reprendront et réinterprèteront des dizaines de titres de Bowie.

Un ticket pour le concert-hommage à David Bowie en streaming du 8 janvier 2021. (ROLLING LIVE STUDIOS)

Parmi les compagnons de route de Bowie, sont annoncés, entre autres, son fidèle producteur Tony Visconti, les guitaristes Earl Slick, Peter Frampton et Carlos Alomar, la bassiste Gail Ann Dorsey, le saxophoniste David Sanborn, les pianistes Mike Garson et Rick Wakeman, les chanteuses Robin Clark et Ava Cherry, les bassistes Tony Levin et Carmine Rojas ou le choriste Geoff McCormack. Au menu également, des artistes comme Trent Reznor et Atticus Ross de Nine Inch Nails, Billy Corgan, Anna Calvi, Charlie Sexton, Boy George de Culture Club, Macy Gray, Perry Farrell de Jane’s Addiction, Duran Duran, Ian Astbury de The Cult et Joe Elliott de Deff Leppard.

"Nous avons prévu un show incroyable avec les plus talentueux musiciens de toutes les périodes de la carrière de David, ainsi que de grands artistes de différents genres musicaux. Nous entendrons différentes interprétations de ses chansons : certaines avec de nouveaux arrangements jamais entendus auparavant", vante le communiqué. Le concert, dont l’accès est fixé à 20 €, débute à Los Angeles à 18h locales vendredi 8 janvier, ce qui fait 3 h du matin dans la nuit de vendredi 8 à samedi 9 janvier, heure de Paris. Mais il sera disponible durant 24 heures, donc jusque tard dans la nuit de samedi à dimanche.

3Regarder "Lazarus", la pièce-testament de Bowie, en streaming vendredi, samedi ou dimanche

La comédie musicale Lazarus, un projet auquel David Bowie avait consacré les dernières années de sa vie, a été joué durant plusieurs mois à guichets fermés à Broadway en 2015, puis à Londres fin 2016. Conçu comme une sorte de suite à l’histoire de Thomas Newton, le personnage d’extra-terrestre échoué sur Terre que Bowie incarnait à l’écran dans L’homme qui venait d’ailleurs de Nicolas Roeg en 1976, Lazarus raconte la vie solitaire et désespérée de Newton, aussi "incapable de mourir" que de retrouver les siens, enfermé dans un appartement.

Le spectacle, dans lequel l’acteur américain Michael C. Hall (Six Feet Under, Dexter) tient le rôle principal et chante, revisite 17 chansons de David Bowie, dont certains de ses plus grands hits (Heroes, Life on Mars, Changes, Absolute Beginners…) ainsi que des titres de son ultime album Blackstar.

"Avec Lazarus, il est pour moi tout à fait clair que Bowie a voulu mettre en scène sa propre mort", avait déclaré le metteur en scène du spectacle, le Belge Ivo van Hove, au moment du décès de l'artiste aux mille visages. Filmé sur scène au King’s Cross Theatre de Londres fin 2016, le spectacle est diffusé en streaming payant (au prix de 18 €) à trois reprises ce week-end, les vendredi 8 (20h), samedi 9 (20h) et dimanche 10 janvier (16h) (voir notre article détaillé à ce sujet).

4Voir ou revoir le dernier concert de Ziggy Stardust and the Spiders from Mars en 1973 sur Arte

Pour se faire une idée du magnétisme et de l’aisance scénique de David Bowie au sommet de sa créativité, on fait difficilement mieux que ce concert historique. Le 3 juillet 1973, au Hammersmith Odeon de Londres, il achevait sa tournée légendaire Ziggy Stardust and the Spiders from Mars, qui l’avait hissé au rang de star. Bowie annonçait surtout à la fin du concert qu’il s’agissait du tout dernier show de cette formation, et donc de la mort de Ziggy, son avatar le plus emblématique, cet extra-terrestre androgyne aux cheveux rouges auquel les fans dévastés vouèrent dès lors un culte encore plus fervent.

Durant 90 minutes (un peu plus dans la réalité, trois titres avec Jeff Beck ayant été retirés à sa demande du mixage final), Ziggy et ses Araignées de Mars, dont Mick Ronson éblouissant à la guitare, jouent une vingtaine de titres. C’est un enchaînement de hits, de Suffragette City à Space Oddity et de Oh You Pretty Things à Rock’n’ Roll Suicide, avec un petit détour par Let’s Spend The Night Together des Rolling Stones et White Light/White Heat du Velvet Underground, auquel Bowie rend au micro un hommage appuyé. D’une élégance futuriste inouïe, l'icône rock chante et bouge magnifiquement, vêtu de certaines de ses tenues les plus folles, notamment le kimono court en soie brodée et la combinaison à rayures épaulée et bottes rouges. La foule fervente est hypnotisée, et nous avec à presque 50 ans de distance.

On est loin cependant de la qualité des concerts filmés en 2020. Pour ce documentaire, le réalisateur D.A. Pennebaker, chantre du "cinéma direct", n’eut pas la tache facile. Avec quatre caméras seulement, dont une placée très loin de la scène, et trop peu de lumière, il eut toutes les peines du monde à monter et mixer son film (cette version est d’ailleurs celle remixée vingt ans après sa sortie par le producteur Tony Visconti). Les séquences en coulisses, beaucoup mieux éclairées, durant lesquelles on suit Bowie au naturel, en train de se changer, de se maquiller et de dialoguer avec son entourage (on croise son épouse Angie et Ringo Starr), sont d’autant plus délectables. (Le concert de Ziggy Stardust and the Spiders from Mars est à voir sur Arte.tv jusqu'au 12 février 2021, il est également diffusé sur Arte le 11 janvier à 5h du matin)

5S'offrir un 45T vinyle inédit sur lequel Bowie reprend Lennon et Dylan

Pour célébrer son anniversaire, deux reprises inédites de Bowie, Mother de John Lennon et Tryin’ to Get to Heaven de Bob Dylan, sont éditées en 45T vinyle en édition limitée le 8 janvier 2021. La galette est éditée à 8.147 copies numérotées, qui correspondent à sa date d’anniversaire le 8/1/1947. Un millier d’entre elles, pressées en vinyle de couleur crème, sont disponibles uniquement sur le site officiel de Bowie (les autres vinyles sont noirs).

La version de Mother (qui figurait sur l’album John Lennon/Plastic Ono Band paru en 1970) a été produite par Tony Visconti en 1998 pour un hommage à John Lennon qui n’est jamais paru. La version de Tryin’ to Get to Heaven a été enregistrée par David Bowie en 1998, durant le mixage de l’album live LiveAndWell.com. Le titre original de Dylan figurait sur son album acclamé Time Out Of Mind paru en 1997 et la reprise de Bowie a donc été enregistrée très peu de temps après.

Le single de David Bowie reprenant "Mother" de John Lennon et "Trying to Get to Heaven" de Bob Dylan, édité pour son anniversaire le 8 janvier 2021. (PARLOPHONE)

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