Claude François toujours rentable, 30 ans après sa mort

Le chanteur, qui se rêvait aussi businessman, a vendu presque autant de disques depuis sa disparition que de son vivant. Sa carrière posthume génère chaque année quelque 10 millions d’euros...

(Radio France © France Info)

Si l’on en croit Flèche Productions, la société des fils du chanteur, Claude Junior et Marc, Claude François a vendu à ce jour quelque 61 millions de disques dont 35 millions de son vivant, entre son premier succès ("Belles, belles, belles") en 1962 et sa mort d’une électrocution dans sa salle de bains le 11 mars 1978.

Il s’écoulerait ainsi chaque année entre 180.000 et 200.000 albums de Cloclo, et 80.000 à 10.000 DVD. Les revenus annuels qui en découlent devraient connaître une hausse notable grâce au 30e anniversaire, avec la réédition de plusieurs Best of et coffrets. L’an dernier, Cloclo est passé à 130 reprises à la télévision.

"Pour ses fils, l’essentiel est de gérer cette carrière posthume sans trahir sa pensée artistique", affirme Fabien Lecoeuvre, responsable du développement et de la communication de Flèche Productions. Dans cette gestion de carrière post mortem, "la difficulté est de faire du neuf avec le passé", poursuit Fabien Lecoeuvre, qui fut notamment consultant pour le film "Podium" en 2004, avec Benoît Poelvoorde dans le rôle d’un sosie du chanteur. Les succès récurrents en discothèque ("Alexandrie, Alexandra" ou "Magnolias for ever") lui ont permis de traverser le temps. Mais "depuis dix ans au moins", Claude François Junior se demande si "ça ne va pas s’arrêter l’année suivante".

Au-delà des rengaines accrocheuses, de ses brushings, de ses Clodettes et de ses tenues à paillettes qui semblent décidément très kitsch aujourd’hui, Claude François a eu de son vivant une démarche d’homme d’affaires inédite pour l’époque. Ce bourreau de travail, décrit comme tyrannique, irascible et mégalomane, s’était constitué un petit empire : les disques Flèche créés en 1967, le magazine Podium racheté en 1972 et qui nourrissait son culte de la personnalité, la revue de charme Absolu, l’agence de mannequins Girl’s Models et même une marque de parfum, "Eau noire".

Mais bon entrepreneur ne rime pas forcément avec bon gestionnaire. Ainsi, dans le livre "Claude François, mon frère", sa sœur Josette révèle que peu avant sa mort, il voulait démanteler son empire pour solder ses dettes.

Gilles Halais avec agences