Amuseuse professionnelle, chanteuse et comédienne, Annie Cordy est morte à l'âge de 92 ans, annonce sa famille

L'interprète de "Tata Yoyo" a fait un malaise dans sa maison sur les hauteurs de Cannes, vendredi, et n'a pas pu être ranimée.

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La chanteuse Annie Cordy, le 2 juillet 2015 à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

La célèbre chanteuse et comédienne belge Annie Cordy est morte à l'âge de 92 ans, annonce sa famille, vendredi 4 septembre. "Elle a fait un malaise vers 18 heures. Les pompiers sont arrivés très vite, ont tout tenté pour la ranimer", a indiqué sa nièce Michèle Legon, qui vivait avec elle dans une maison de Vallauris (Alpes-Maritimes). Annie Cordy était l'interprète de nombreux succès comme Tata Yoyo, La Bonne du curé, ou encore Cho Ka Ka O.

Avec son tablier immaculé de Bonne du curé, ses nattes articulées de Frida Oum Papa et son truc en plume de Tata Yoyo, la reine du music-hall français a consacré sa vie à la scène où elle ne voulait donner Que du bonheur, titre d'un spectacle jazz et swing qu'elle donna au Casino de Paris et à l'Olympia.

"J'ai plusieurs casquettes mais je pense que je suis surtout une bonne humeur", disait l'artiste qui a chanté 700 chansons, vendu des millions de disques, tourné des dizaines de films et s'est produite dans plus de 4 000 galas et une dizaine d'opérettes.

Un perfectionnisme quasi maniaque

Léonie Cooreman, de son vrai  nom, était née à Laeken, quartier de Bruxelles, le 16 juin 1928. "La France est mon pays et la Belgique ma patrie", disait-elle.

Blonde piquante, Annie Cordy débute dans des orchestres en chantant des standards américains, avant d'être engagée comme meneuse de revues au "Boeuf sur le Toit" à Bruxelles, puis à Paris au "Lido" en 1950, où elle devient Annie Cordy.

D'opérettes en comédies musicales (La Route fleurie avec Georges Guétary et Bourvil, Visa pour l'amour avec Luis Mariano, Hello Dolly), en passant par le rire, la chanson, le théâtre, le cinéma et les téléfilms, l'infatigable fantaisiste fait preuve d'un perfectionnisme quasi maniaque. Elle enchaîne répétitions, tournées, enregistrement de chansons à un rythme impressionnant. "J'endosse l'étiquette de chanteuse rigolote, le public m'aime pour ça, grâce à Dieu je n'ai jamais été un sex-symbol", disait Annie Cordy, première femme à recevoir le prix Moutarde à Dijon en 1965, pour le piquant de sa personnalité artistique.

Une excellente actrice

Elle est aussi sur les plateaux de cinéma. Car elle ne peut être réduite à des titres comme La Bonne du curé (disque d'or 1975) ou à des chansonnettes comme Hello le soleil brille, Indien vaut mieux que deux tu l'auras, La Bouchembiais, Cho Ka Ka O. 

L'amuseuse professionnelle est également une excellente actrice. Après avoir débuté avec Sacha Guitry (Si Versailles m'était conté, 1953), elle a élargi et ému son public par des rôles dramatiques dans Le Passager de la pluie de René Clément, Le Chat (Pierre Granier-Deferre) ou La Rupture (Claude Chabrol). En 2015, elle sonne tout aussi juste dans son rôle de grand-mère fugueuse dans Les souvenirs de Jean-Paul Rouve.

Une vie toujours bien remplie

En dépit des années, elle continuait à avoir une vie bien remplie, entre scènes, albums et plateaux de films. Elle avait participé à Age tendre, la tournée des idoles en 2011-2012 puis en 2013-2014. En 2012 elle avait sorti un disque, Ça me plait pourvu que ça vous plaise. Et elle avait joué au cinéma dans Le Cancre de Paul Vecchiali (2016), ou Tamara Vol.2 d'Alexandre Castagnetti (2018).

A l'occasion de ses 90 ans en 2018, Bruxelles avait baptisé un parc à son nom. "Cela fait un effet incroyable d'être ainsi reconnue par les siens", avait déclaré l'artiste, très émue par cet hommage dans son pays natal. Elle avait aussi été anoblie par le roi qui l'avait faite baronne en 2004.

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