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Une ex-anorexique à la tête d'une agence de mannequins rondes

Une vingtaine de jeunes femmes travaillent pour cette agence créée en Equateur en 2012 par une mannequin victime d'anorexie au début de sa carrière.

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France Télévisions
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Des mannequins de l'agence fondée par Maria Eugenia Donoso, le 19 mai 2014, à Quito (Equateur).  (JUAN CEVALLOS / AFP)

Maria Eugenia Donoso a failli mourir d'anorexie. Quand ce mal a emporté l'une de ses amies, elle a arrêté de lutter contre son corps, et fondé la première agence de mannequins de forte taille en Equateur.

"Il y a des batailles qu'on remporte en se rendant", professe ce modèle de 29 ans à la longue chevelure brune, qui a elle-même foulé les podiums dès sa majorité. C'est d'ailleurs à cette époque que son enfer a commencé. "Ils m'ont dit que je devais maigrir. J'ai redoublé d'exercices. J'ai arrêté de manger, ce qui a provoqué un rejet de la nourriture." L'anorexie a dévasté le corps de cette jeune femme d'1,70 m, qui a atteint un poids de 44 kilos, perdu des dents et souffert d'insomnie. A ce calvaire se sont ajoutés des problèmes au foie et à la thyroïde qui, ironie de la situation, ont provoqué un surpoids.

Après une longue et douloureuse récupération, Maria Eugenia Donoso, qui a détruit ses photos de jeunesse sur lesquelles elle arborait une silhouette svelte, a exorcisé ses démons en lançant, en 2012, l'agence Plus Trends, qui regroupe désormais une vingtaine de femmes aux formes très généreuses. Dans une maison de deux étages, dans le nord de Quito, ces mannequins apprennent toutes les techniques de la profession. Désormais, aucune d'entre elles n'évite les photos ou les miroirs.

"Je me suis rendu compte qu'on peut mourir d'anorexie"

"Ce que nous voulons, c'est montrer un type de beauté qui colle plus à la réalité. Le but est aussi de recevoir des femmes afin de renforcer leur auto-estime quel que soit leur poids", explique la directrice de l'agence. Lorsqu'elle se rappelle son parcours, les larmes surgissent. Quand il y a sept ans, la même phobie des aliments a été fatale à l'une de ses proches, ce fut comme un électrochoc : "Je me suis rendu compte que, oui, on peut mourir d'anorexie".

A ses nouvelles protégées, elle raconte son expérience, les mettant en garde contre l'avenir. "Cela ne change pas le monde. Cela ne va pas changer le gars qui te traite de grosse en riant, mais cela va changer la manière dont tu le perçois. Pour en arriver là, tu dois t'accepter", leur explique-t-elle.

Le succès a été au rendez-vous pour Maria Eugenia Donoso, qui a prêté son image à des marques de parfums, et dont l'agence compte également comme clients des chaînes de supermarchés et des boutiques de vêtements. Ses modèles pourraient servir d'exemple en Equateur, pays latino-américain où 38% de la population, soit quelque cinq millions d'habitants, présentent un surpoids.

Des mannequins de l'agence Plus Trends, le 19 mai 2014, à Quito (Equateur). (JUAN CEVALLOS / AFP)

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