#KuToo : le combat des Japonaises pour en finir avec l'obligation des talons hauts au bureau

La campagne #KuToo, qui joue avec les mots kutsu (chaussure) et kutsuu (douleur) a été lancée par l'actrice Yumi Ishikawa et a rapidement remporté le soutien de 19.000 personnes sur la toile.

La comédienne japonaise Yumi Ishikawa fondatrice du mouvement #KuToo visant à en finir avec l\'obligation de porter des talons au bureau, conférence de presse, Tokyo, 3 juin 2019
La comédienne japonaise Yumi Ishikawa fondatrice du mouvement #KuToo visant à en finir avec l'obligation de porter des talons au bureau, conférence de presse, Tokyo, 3 juin 2019 (Charly TRIBALLEAU / AFP)

Des femmes japonaises ont présenté lundi une pétition au gouvernement pour protester contre l'obligation de fait imposée à la gente féminine de porter des chaussures à talons au travail. Les militantes du mouvement #KuToo soulignent qu'il est quasiment impossible d'échapper aux talons hauts lorsqu'on cherche un travail et une fois admise dans un bureau.

Un premier pas

"Aujourd'hui, nous avons déposé une pétition pour demander une loi interdisant aux employeurs de forcer les femmes à porter des talons, ce qui est de la discrimination sexuelle et constitue un harcèlement", a déclaré Mme Ishikawa à la presse après s'être entretenue avec des responsables du ministère du Travail.

Une des personnes rencontrées "était une femme favorable à notre pétition (...). Elle nous a dit que c'était la première fois qu'une telle demande parvenait au ministère", a déclaré Mme Ishikawa, ajoutant "c'est un premier pas".

Discriminatoire

Aucun responsable du ministère n'avait pu être contacté dans l'immédiat pour s'exprimer sur cette initiative. Un tweet de Mme Ishikawa se plaignant de l'obligation de porter des talons hauts pour obtenir un emploi dans un hôtel était devenu viral, la poussant à lancer sa campagne cette année. "J'ai pris conscience du fait que tant de gens avaient le même problème et j'ai décidé de lancer cette campagne", a-t-elle expliqué.

En 2017, la province de Colombie-Britannique au Canada avait interdit aux entreprises de forcer leurs employées à porter des talons hauts, qualifiant cette pratique de dangereuse et discriminatoire.