EN IMAGES. La haute couture hiver 2019-20 et ses précieux savoir-faire en 10 silhouettes

Après 5 jours intenses et 34 défilés, retour en images sur les silhouettes féminines de l'automne-hiver 2019-20 de la semaine de la haute couture parisienne, qui s'est tenue du 30 juin au 4 juillet 2019. 

Domaine d'excellence, la haute couture française - organisée autour de maisons pour certaines anciennes - demeure le fruit du travail des créateurs mais aussi de leurs précieux collaborateurs (brodeurs, plumassiers, plisseurs...) qui ont su transmettre des savoir-faire séculaires tout en innovant.

Découvrez en images, ces trésors signés Maurizio Galante, Viktor&Rolf, Stéphane Rolland, Antonio Grimaldi, Franck Sorbier, Julien Fournié, Alexandre Vauthier, Aganovich, Guo Pei et Giambattista Valli. 

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Défilé Maurizio Galante, le 30 juin 2019. Les bijoux en paille auréolant les visages des mannequins viennent d'un atelier d'artisan à quatre heures de Mexico. La collection a été fabriquée au Mexique avec des techniques ancestrales. Elle "raconte un métissage entre les cultures" européenne et mexicaine, a déclaré Maurizio Galante à l'AFP. "18 looks ont été fabriqués au Mexique avec des matériaux mexicains", explique Julio Carranza Areas, un député mexicain présent au show. La collection baptisée Resplandor porte le nom de la coiffe traditionnelle immortalisée par la peintre mexicaine Frida Kahlo dans ses autoportraits et qui est intégrée dans plusieurs tenues. Le couturier a fait faire les broderies au Mexique mais les a utilisées "de façon personnelle" : les unes ont été prises en photos et les motifs ont été reproduits sur des longues robes plissées, d'autres sont portées à l'envers sur un manteau du soir pour obtenir des couleurs plus tendres. "On a perdu le sens du vêtement comme de quelque chose d'intime et on a perdu cette idée que le vêtement doit être quelque chose pour nous en premier lieu et après pour les autres. Si on arrive à se retrouver bien dans ce qu'on porte, notre énergie est différente, notre visage change", explique le créateur qui a fait quatre voyages pour préparer la collection.  KRISTY SPAROW / GETTY IMAGES EUROPE
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Défilé Viktor&Rolf, le 3 juillet 2019. La collection est le fruit d'une collaboration avec Claudy Jongstra. Cet artiste néerlandais est depuis plusieurs décennies un pionnier de la durabilité. Ses tissus feutrés à la main sont tissés à partir de laine de son troupeau de moutons et teint avec des ingrédients naturels de son jardin. Cette collection se concentre sur la couleur noire teinte par Claudy Jongstra avec des pigments végétaux pour obtenir le "Bourguignon Black" (le plus précieux des vrais noirs exclusivement à base d'ingrédients naturels). Les produits de cette pratique éco-consciente sont utilisés dans une série de manteaux sculpturaux et un ensemble de formes volumineuses.
THIERRY CHESNOT / GETTY IMAGES EUROPE
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Défilé Stéphane Rolland, le 2 juillet 2019. En arpentant les longues allées aux murs Terre de Sienne de la Cité Interdite sont nés les premiers croquis : des tailleurs aux épaules pagodes toutes en rondeurs, des combinaisons pantalons aux drapés enroulés en crêpe de laine et satin. Des toits en tuiles vernissées ocre, couleur officielle de l’Empereur, inspirent des robes capes, tuniques à incrustations géométriques et longues robes évasées en crêpe de laine piqué de citrines. Rubis, grenats, jades, citrines et perles de cultures… les cols minerves et les robes sont brodés de pierres précieuses naturelles en référence au tachisme des peintures de l’artiste Song Dong. Il flotte un parfum d’Extrême Orient mais pas uniquement car les volumes de Niemeyer, les courbes de Kapoor ou de Zaha Hadid inspirent aussi le couturier. Les sacs revisitent le traditionnel “Talian”, sacoche chinoise ancestrale à double pans. Les broches géantes sont posées sur une épaule, les bracelets et bagues en métal or sont incrustés de cristal et de jade… Les bandeaux écailles, fourrure de plumes ou pierres précieuses ornent les parures de tête, en références aux coiffes mandchoues. ESTROP / GETTY IMAGES EUROPE
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Défilé Antonio Grimaldi, le 2 juillet 2019. La collection est inspirée de Mae West et de son personnage irrévérencieux dans le film I'm no Angel (1933). Ici la palette de couleurs se conjugue en noir, blanc, gris mais aussi rouge, violet et rose. Les robes aux formes architecturales sont asymétriques  En plus du crêpe cady - un classique de la maison - différents tissus se chevauchent, tels que le velours, la mousseline de soie, le duchesse, le gazar et le taffetas. Les robes à plis en mousseline de soie côtoient un chemisier ballon gazar, volumineux, clair et transparent avec des empiècements en crocodile et des robes en trompe-l'œil. FRANCOIS GUILLOT / AFP
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Défilé Franck Sorbier, le 3 juillet 2019. "20 ans déjà depuis la première présentation haute couture... Depuis plusieurs saisons, la danse qui m’a toujours fasciné, s’est invitée afin de parachever le tableau vivant. J’ai retrouvé, avec les danseuses classiques, l’esprit de famille que j’avais connu, à mes débuts, avec les mannequins des années 90. Pour cette quarantième collection, ce que je voulais, par dessus tout, c’était retrouver la spontanéité des débuts et la conjuguer à toutes ces années de recherches. Cette saison, je n’ai fait aucun dessin préparatoire, j’ai esquissé directement au mannequin les volumes et les pliages et les ai, ensuite, griffonnés avec dimensions des panneaux de tissus. “Figure libre” est une quête d’épure monacale faite de carrés et de rectangles frangés fil à fil. Le double crêpe georgette de soie noire est plié, pincé et assemblé main par de petits noeuds chinois ou points boule... Ces robes de vestale contemporaine présentées, ici, en noir, seront proposées aux clientes dans une large gamme de couleur. La compression devient un accessoire et se décline en mobiles amovibles (morceau de jupe, plastron, col cache-coeur, collier de chien-corset, collier psychédélique, ceinture à volutes, brassard, collerette, chapeau)".  BERTRAND RINDOFF PETROFF / FRENCH SELECT
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Défilé Julien Fournié, le 2 juillet 2019. Le couturier fête ses 10 ans. En juillet 2009, il avait innové en organisant le tout premier défilé se tenant à la Cité de la Mode et du Design. "Il faut dix ans pour trouver pleinement l’identité de sa maison", confie-t-il. "En ayant choisi exclusivement la haute couture comme le cœur de notre activité, j’ai bénéficié de la connivence et du soutien de clientes d’exception. Leur sensibilité féminine, leur intelligence de l’élégance, leur culture mode m’inspirent au quotidien. Leur confiance me permet de contribuer à créer, à leurs côtés, la légende de ces femmes de destin."  Pour cette collection, il rend hommage aux femmes qui dérogent et transcendent les codes sociaux.  ESTROP / GETTY IMAGES EUROPE
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Défilé Alexandre Vauthier, le 2 juillet 2019. Le couturier est un adepte des créations féminines, sensuelles et sexy. Sa garde-robe d'avant-garde laisse une large place aux robes fendues, aux décolletés, aux asymétries pour une femme moderne qui s'assume toujours pleinement. VITTORIO ZUNINO CELOTTO / GETTY IMAGES EUROPE
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Défilé Aganovich, le 30 juin 2019. Cette maison a été créée en 2010 par la Danoise Nana Aganovich, diplômée de la Centrale Saint Martin’s School, et l’Irlandais Brooke Taylor, couple à la ville comme à la création. Ils présentent leurs collections à Paris durant l’été 2010 puis basent leur société en France en 2011. Le duo est entré au calendrier officiel depuis 2014. Ils ont été soutenus dès leur début par des grands noms de la mode comme Rei Kawakubo et Adrian Joffe.  ESTROP / GETTY IMAGES EUROPE
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Défilé Guo Pei, le 3 juillet 2019. La créatrice chinoise - à l'origine du 1er atelier de couture à Beijing en Chine, en 1997 - a travaillé pour cette collection avec la fibre d'ananas à la texture délicate en teinte ivoire naturelle  Quelques pièces sont de véritables oeuvres d'art époustouflantes de savoir-faire. XINHUA
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Pas de défilé pour Giambattista Valli mais une exposition nommée "Exhibition" d'une trentaine de robes le 1er juillet. Les spectateurs passent d'une pièce sombre à la lumière puis à des miroirs, qui proposent de voir les vêtements sous une autre perspective. Les froufrous volumineux sont présents dans des couleurs pastels, parfois plus vives sur certains modèles. Drapés, volants, tulle, formes bouffantes enveloppent les mannequins figés sur des podiums. Le créateur romain a gardé les fleurs très présentes dans cette collection pourtant hivernale. La couleur estivale du rose est prédominante, sous diverses nuances. THIERRY CHESNOT / GETTY IMAGES EUROPE