Le pari du renouveau de 3 maisons avec Louise Trotter, Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh, et Bruno Sialelli

La semaine de la mode parisienne, c'est 76 défilés automne-hiver 2019-20 du 25 février au 5 mars. Si les grands noms répondent à l’appel, Lacoste, Nina Ricci et Lanvin sont des marques à suivre absolument. En effet, elles ont à leur tête de nouveaux directeurs artistiques qui font leur premier pas sur le podium. La question est comment ces créateurs vont-ils s'emparer de l'ADN de leur marque ?

Les créateurs Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh (Nina Ricci), Bruno Sialelli (Lanvin) et Louise Trotter (Lacoste) de gauche à droite
Les créateurs Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh (Nina Ricci), Bruno Sialelli (Lanvin) et Louise Trotter (Lacoste) de gauche à droite
Tous les regards seront braqués sur les premiers défilés de Louise Trotter chez Lacoste, Bruno Sialelli chez Lanvin et Rushemy Botter et Lisa Herrebrugh chez Nina Ricci. Ces trois marques ont fait le choix de ne pas privilégier une tête connue "bankable" mais de miser sur ces quatre designers plus discrets. 

Retour de Lacoste avec le premier podium de Louise Trotter

Absente des défilés en septembre 2018, la marque au crocodile signe son retour sur les podiums avec la première collection de la nouvelle directrice artistique, la britannique Louise Trotter, nommée en octobre 2018. C’est la première femme appelée à cette fonction en 85 ans d'existence de la marque. Elle remplace le Portugais Felipe Oliveira Baptista, après huit ans de collaboration. La créatrice, qui a travaillé entre autres neuf ans chez Joseph, a indiqué lors de sa nomination : "Depuis 85 ans, la modernité du style Lacoste tient dans cette fusion singulière du sport et de la mode. Je suis fière de contribuer à l'écriture d'un nouveau chapitre de son histoire". "Son approche visionnaire des lignes et des matières, et son expertise dans la création de pièces très techniques seront de véritables atouts pour renforcer le positionnement de nos collections", avait alors souligné Thierry Guibert, le numéro 1 de Lacoste. La marque avait fait son retour sur les podiums parisiens en 2017 après 13 ans de défilés à New York. Elle a été fondée en 1933 par André Gillier et l'ancien champion de tennis René Lacoste, inventeur du fameux polo, et est désormais propriété du groupe suisse Maus Frères. Sous la direction artistique de Felipe Oliveira Baptista, le chiffre d'affaires de Lacoste est passé d’1 milliard d'euros en 2009 à plus de 2 milliards en 2016.

La question : la marque au croco conservera-t-elle avec l'arrivée de Louise Trotter son approche streetwear engagée ces dernières saisons ? Réponse sur les podiums le 5 mars. 
Louise Trotter, directrice artistique de Lacoste
Louise Trotter, directrice artistique de Lacoste (Lacoste/Cyril Masson)

Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh, jeune label pour Nina Ricci

Nina Ricci n’a pas défilé lors de la PFW en septembre 2018. Elle avait annoncé fin août l'arrivée à la direction artistique de Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh, duo néerlandais du label masculin Botter. Ils succèdent à Guillaume Henry, après trois ans de collaboration. Ce label de mode masculine avait remporté fin avril 2018 le grand prix du jury Première vision du 33e Festival international de la mode d'Hyères (Var), tremplin de la jeune création, avec une collection aux allures de manifeste en faveur de l'environnement. La griffe parie sur ce jeune duo (qui garde par ailleurs son label) pour bousculer cette maison de haute de couture fondée en 1932. A l'origine, la façon, la coupe, l’équilibre et les matières donnent l’éclat de la simplicité à la femme Nina Ricci. Puis en 1954, Jules-François Crahay, qui assistait la créatrice au studio, lui succède à la Direction Artistique et le style s’architecture. La collection "Crocus" de 1959 au célèbre tailleur éponyme connaît le succès. La maison développe alors sa ligne "Mademoiselle Ricci", dont les modèles de semi-couture sont les prémices du prêt-à-porter de la marque. Dans les années 60' et au fil de trois décennies, sa haute couture célèbrera une femme flamboyante et son prêt-à-porter s’adressera aux femmes de son époque.  

La question : comment ce jeune label prometteur, né en 2016, réinterprétera la féminité caractéristique de la femme Nina Ricci ? Réponse sur les podiums le 1er mars. 

Les Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh pour la marque Nina Ricci
Les Rushemy Botter et Lisi Herrebrugh pour la marque Nina Ricci (Leon Mark )

Bruno Sialelli chez Lanvin

La maison de couture Lanvin a annoncé le 21 janvier 2018 l'arrivée d'un nouveau directeur artistique, Bruno Sialelli, qui a pour mission de relancer la marque emblématique rachetée il y a un an par le conglomérat chinois Fosun. Le poste était vacant depuis le départ en mars 2018 d'Olivier Lapidus. Ce qui n’a pas laissé beaucoup de temps au créateur pour créer une collection. Son habilité avérée à évoluer de l'univers masculin à l'univers féminin sera un atout majeur, à l'heure où l'industrie du luxe tend à estomper les frontières entre les genres", souligne Lanvin. La plus ancienne maison de couture de l'Hexagone encore en activité, célèbre pour ses petites robes noires, connaissait de graves difficultés financières depuis le départ en 2015 de son directeur artistique Alber Elbaz, resté 14 ans aux commandes. Un départ qui avait secoué la maison. Il avait été évincé et le comité d'entreprise avait déclenché un droit d'alerte sur la situation économique de l'entreprise.

La question : Bruno Sialelli sera-t-il capable de sauver cette maison de couture plus que centenaire en difficulté tout en respectant l'héritage de Jeanne Lanvin ? Réponse le 27 février sur les podiums. 
Bruno Sialelli, le nouveau directeur artistique de Lanvin
Bruno Sialelli, le nouveau directeur artistique de Lanvin (Courtesy of Lanvin)