Saint Laurent n'utilisera plus de fourrure animale : "C'est de la responsabilité de maisons de luxe de montrer l'exemple", estime François-Henri Pinault

Le président-directeur général du groupe Kering vient d'annoncer la fin de l'utilisation de la fourrure animale dans les prochaines collections de Saint Laurent.

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François-Henri Pinault, le PDG de Kering, lors d'une conférence de presse à Paris, le 24 avril 2019.  (ERIC PIERMONT / AFP)

"C'est de la responsabilité de maisons de luxe d'anticiper des tendances de fond et de montrer l'exemple", a déclaré vendredi 24 septembre sur franceinfo François-Henri Pinault, président-directeur général du groupe Kering, qui vient d'annoncer la fin de l'utilisation de la fourrure animale dans les prochaines collections de Saint Laurent. D'autres marques du groupe, comme Gucci, Balenciaga, Alexander McQueen, avaient déjà lancé le mouvement. Cela a pris plus de temps pour la marque la plus emblématique du groupe : "La fourrure est une matière très importante pour Saint Laurent, c'était plus sensible. Il fallait donc être prudent avec la maison", a-t-il déclaré.

franceinfo : Pourquoi avoir décidé de ne plus utiliser de fourrures dans vos collections ?

François-Henri Pinault : Les maisons du groupe s'engagent à ne plus utiliser la fourrure animale à partir des collections qui seront présentées dès la semaine prochaine dans le cadre des Fashion Week. Les prochaines collections seront toutes sans fourrure animale. C'est l'engagement que nous avons pris. Gucci avait annoncé dès 2017 l'arrêt de la fourrure et on a inscrit toutes nos maisons sur cette durée. La fourrure a une importance qui peut être différente d'une maison à une autre, évidemment, selon son histoire. C'est pour cela que nous avons pris un temps progressif pour pouvoir mettre cela en place. Cela nous a pris un peu plus de trois ans, mais c'est fait aujourd'hui.

Etait-il difficile de résister à cette tendance ?

C'est une décision que nous avons prise pour anticiper ce que nous pensons être des tendances de fond. C'est une anticipation. Je pense que c'est de la responsabilité de maisons de luxe d'anticiper des tendances de fond, de montrer l'exemple et d'inspirer les autres. Cela fait partie de notre rôle en tant que maison de luxe dans cette industrie de la mode. C'est ce que nous faisons au travers de la fourrure, mais on aurait pu attendre plus longtemps.

Des marques de votre groupe comme Gucci avaient déjà lancé le mouvement. Pourquoi cela a-t-il mis plus de temps pour Saint Laurent ?

Saint-Laurent a fait partie de l'ambition commune dès 2017. On a travaillé avec Francesca Bellettini, qui est la présidente-directrice générale de Saint Laurent,et Anthony Vaccarello, le directeur artistique. La fourrure est une matière très importante pour Saint Laurent, c'est là où c'était plus sensible. Il fallait donc être prudent avec la maison. Les maisons sont des choses fragiles et donc nous l'avons fait très de façon très ambitieuse, de façon déterminée chez Saint Laurent et notamment de la part d'Anthony Vaccarello, pour aboutir en trois ans à pouvoir supprimer la fourrure sans que cela porte atteinte à la maison.

Est-ce une révolution pour Saint Laurent ?

Il ne faut pas exagérer. La fourrure ne définit pas Saint Laurent. Cela fait partie des matières qu'utilisait très régulièrement la maison. C'est vrai que c'est une décision assumée par la maison de ne plus utiliser la fourrure. Mais Saint Laurent, c'est bien autre chose que ça. Dans les récentes collections, Anthony Vaccarello a montré toute l'influence que peut avoir la maison dans bien d'autres domaines que celui de la seule fourrure. La maison peut tout à fait aujourd'hui vivre sans fourrure et continuer à influencer beaucoup de monde à l'échelle de la planète, par ses collections, sa créativité, sa désirabilité.

Les maisons de luxe se doivent-elles d'être plus responsables en matière de développement durable ?

C'est vrai que cette matière fait partie de l'industrie du luxe depuis des décennies, en particulier les fourrures rares. Mais aujourd'hui, une marque de luxe moderne, les éléments de développement durable, de bien-être animal font partie des promesses d'une maison de luxe. Ce n'est pas uniquement la qualité des matières, la qualité de l'artisanat ou de la créativité de la maison qui définissent la maison, mais aussi les valeurs éthiques de la maison et en particulier liées au développement durable, à la responsabilité sociale, qui font aussi partie des promesses d'une maison de luxe. C'est en ce sens où cette décision était indispensable.

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