New York, Londres, Milan, les Fashion Weeks s'organisent face au coronavirus

La Fashion Week de New York automne-hiver 2020-21 est la première semaine de la mode à être confrontée au coronavirus, où l'incertitude règne sur la présence des créateurs et des acheteurs Chinois. Londres et Milan de leur côté s'organisent. 

Défilé Hugo Boss à la MIlan Fashion Week, le 22 septembre 2019, en Italie
Défilé Hugo Boss à la MIlan Fashion Week, le 22 septembre 2019, en Italie (IK ALDAMA / IK ALDAMA)

La Fashion Week de New York - qui a ouvert ses portes ces dernières années aux designers chinois et a attiré acheteurs, médias et influenceurs venus de Chine - est la première semaine de la mode à être confrontée au coronavirus. Même si plusieurs maisons chinoises ont assuré que leurs défilés étaient maintenus, l'incertitude plane sur leur participation. Même topo pour Londres, Milan et Paris.   

La Chambre syndicale britannique de la mode (BFC) a aussi indiqué s'attendre à ce que le contingent chinois "soit considérablement réduit" pour la Fashion Week de Londres automne-hiver 2020-2021 (14-18 février). De son côté, la Chambre italienne de la mode (CNMI) a annoncé qu'un millier d'acheteurs, journalistes ou stylistes devraient manquer à l'appel de la Fashion Week de Milan (18-24 février). 

"Construisons un pont avec la Chine, au lieu de dresser un mur comme beaucoup le font"

La fashion week milanaise s'ouvrira le 18 février et ses organisateurs, qui souhaitent limiter l'impact économique qu'aura l'épidémie de coronavirus, ont prévu un dispositif destiné à la clientèle chinoise, férue de mode italienne, qui ne fera pas le déplacement. A deux semaines de ce rendez-vous capital pour le "Made in Italy", la Chambre de la mode italienne a annoncé que les acheteurs, journalistes ou stylistes chinois pourront suivre les défilés en ligne et en direct. "Nous ferons tout pour transmettre à ceux qui sont loin des podiums l'émotion et les contenus de la mode", a ajouté M. Capasa tout en reconnaissant qu'assister à un show en ligne et le vivre sur place sont deux choses bien différentes.

"Construisons un pont avec la Chine, au lieu de dresser un mur comme beaucoup le font, pour donner un signe positif et unitaire, contre l'ignorance et les préjugés", a déclaré Carlo Capasa, le patron de la CNMI, en présentant le dispositif baptisé "China we are with you" (Chine nous sommes avec toi).

Milan a aussi décidé qu'un créateur chinois, dont le nom est tenu secret, ouvrirait la semaine des défilés. Trois enseignes chinoises - dont Angel Chen - ont annoncé qu'elles ne seraient pas de la partie, n'ayant pas pu achever leurs collections pour cause d'usine fermées. La CMNI a annoncé que l'épidémie de coronavirus pourrait entraîner une baisse de 1,8% du chiffre d'affaires de l'industrie italienne de la mode cours des six premiers mois de 2020, principalement au cours du premier trimestre.

Outre les défilés, la CNMI proposera aussi sur le web des rencontres avec des créateurs depuis les coulisses des défilés. M. Capasa a souligné que la Fashion Week milanaise était la première à proposer une telle initiative mais qu'elle était "ouverte à d'autres semaines de la mode et à d'autres événements".

Après Milan, la semaine de la mode féminine présentant l'automne-hiver 2020-2021 termine sa course à Paris du 24 février au 3 mars où "aucune disposition n'a pour l'instant été prise".