La couture faite maison, une activité en plein boom depuis le début de la crise sanitaire

Loin de la Fashion Week, le fait-maison est est plein essor. Dans les boutiques de tissus, les merceries, ou les ateliers, les professionnels le constatent : la couture attire de plus en plus d'adeptes.

Article rédigé par
Luc Chemla - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 3 min.
L'atelier Fanchon donne des cours de couture, dans le 16e arrondissement de Paris.  (LUC CHEMLA / RADIO FRANCE)

Alors que la Fashion Week débute lundi 27 septembre dans la capitale, les défilés des plus célèbres mannequins et créateurs vont s'enchaîner pendant dix jours. Et bien loin des podiums et du luxe, la couture reste à la mode auprès des Français. Le quartier du marché Saint-Pierre, à Paris, au pied de la butte Montmartre, est célèbre pour ses nombreuses boutiques de tissus. Parmi elles, celle d'Annick, 30 ans de métier. La commerçante est formelle : "Les gens apprennent à coudre, de plus en plus", observe-t-elle. "Ils confectionnent, ou arrangent ce qu'ils ont déjà." 

De nouveaux clients venus apprendre la couture

De nouveaux clients viennent désormais, et demandent conseil à Annick. "'Je n'ai jamais cousu, j'aimerais, je veux pouvoir faire quelque chose de simple pour pouvoir faire mes essais'", énumère la commerçante. "Les gens viennent avec leur idée, ou ils viennent et ils essaient d'avoir un coup de coeur, et après ils se lancent." Une envie de couture faite maison, liée sans surprise aux confinements. Michelle l'a d'ailleurs constaté dans sa mercerie. "Il y a beaucoup de gens qui sont venus, ils avaient tellement peur de s'ennuyer", se souvient la commerçante. 

Deux clientes dans une mercerie du quartier Saint-Pierre à Paris. (LUC CHEMLA / RADIO FRANCE)

"Ils ont beaucoup appris à faire des pulls, des écharpes, à border, à tricoter... Ça a été incroyable", s'étonne encore Michelle. Beaucoup continuent d'ailleurs depuis la fin des confinements ; une majorité de femmes, mais les profils sont variés. Toutes classes sociales, tous âges, mais, selon la mercière, "de plus en plus de gens relativement jeunes, qui veulent apprendre."  C'est le cas d'Andréa, une étudiante de 18 ans qui sort de la mercerie : "Je vais essayer de faire une première robe pour mon anniversaire, sourit la jeune femme, parce que je trouve ça plus symbolique. Il n'y en n'aura qu'une dans le monde, ce sera la mienne. C'est ce qui me plaît là-dedans."

"Maintenant que je sais, que j'ai les bases, j'y vais", résume Andréa. Ces bases dans la couture, elles les a apprises en famille : "Ma grand-mère, ma maman qui m'a appris à coudre à la main d'abord, et ensuite à coudre à la machine", raconte l'étudiante. Justement, pour ceux et celles qui n'ont pas ces bases, pourquoi ne pas prendre des cours ? 

L'impact de la crise sanitaire

C'est le cas par exemple à l'atelier Fanchon, dans le 16e arrondissement de la capitale. "Oui, il y a plus de monde qui a envie de faire son propre truc, pour avoir la fierté personnelle de l'avoir fait", constate aussi Jeanne, l'une des professeurs. Pour elle aussi, la crise sanitaire a eu un impact : "C'est vrai qu'avec les confinements, il y a des gens qui, peut-être sur un coup de tête, ont acheté des machines et qui ne savent pas les utiliser. Du coup, ils viennent, ils apprennent, et parfois ils viennent avec leurs machines pour apprendre à les utiliser."  

Dans une boutique de tissus quartier Montmartre, à Paris. (LUC CHEMLA / RADIO FRANCE)

Isabelle, qui a laissé sa machine à la maison, est exactement dans ce cas de figure. Elle vient quasiment tous les jours. "À la maison, on tournait un peu en rond", confie l'apprentie couturière. "J'ai une machine à coudre qui était à ma mère, et je me suis dit 'c'est dommage que je ne sache pas coudre, parce que je pourrais faire quelque chose de mes mains'." Pour ceux qui n'ont pas les moyens de payer 45 euros pour deux heures de cours, une autre solution existe : les tutoriels sur internet, notamment sur YouTube. Il en existe de nombreuses chaînes.

La couture attire de plus en plus d'adeptes, écoutez le reportage de Luc Chemla
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